Mascotte des quais veveysans, Murphy a disparu pour de bon

La mort de Murphy va laisser un vide pour beaucoup de monde.  | DR

Vevey
L’emblématique chat roux est mort au début du mois. En huit ans, le félin avait conquis de nombreux cœurs sur les bords du lac.

Son royaume s’étendait du Jardin Roussy à la place du Marché de Vevey. Véritable pacha des quais, Murphy s’était fait une place dans le quotidien de beaucoup de gens. Une place désormais laissée vide: l’emblématique chat au poil roux a succombé le 5 février dernier à un cancer foudroyant, décelé à peine un mois plus tôt. Il allait avoir 9 ans. «C’est un départ assez abrupt», nous dit sa propriétaire – car oui, il en avait une – la Veveysanne Joëlle Minacci. «J’ai toujours imaginé qu’en vieillissant, il deviendrait casanier et que je pourrais profiter un peu plus de lui.»

Une semaine avant sa mort, Murphy avait disparu, suscitant l’inquiétude de la jeune femme. Il était déjà très affaibli. «Les chats ont l’habitude de se cacher pour mourir. Mais il s’est montré, et j’ai pu l’accompagner pour son dernier voyage. Je le prends comme un cadeau.»

Depuis, sa maîtresse a reçu des centaines de messages, dont beaucoup racontent des moments passés avec lui. Un chat «lumineux, doux et culotté», dit Joëlle. Avec le goût du matou pour la vadrouille, elle avait noté son numéro de téléphone sur son collier. «Les gens m’envoyaient des photos de lui au gré de ses balades. Je me suis rendu compte qu’il allait partout: dans les appartements, les commerces, sur les terrasses. Je l’ai retrouvé tellement de fois sur les genoux d’inconnus ou au milieu de groupes de jeunes!» Des pérégrinations qui la pousseront d’ailleurs à ouvrir un compte Instagram. Baptisé «Où est Murphy?», il était suivi par plus d’un millier de personnes.

Du saumon au petit-déj’

«Murphy? On nous en parle encore aujourd’hui!», réagit Mylène Badoux, médiatrice culturelle à la Bibliothèque municipale de Vevey. «On était tristes d’apprendre sa mort.» C’est que, durant plusieurs années, le rouquin a beaucoup fréquenté l’institution. «Il avait son fauteuil préféré, il flânait dans les rayons et se faisait caresser par les gens. Il a apporté beaucoup de joie et de réconfort. À la fermeture, on devait parfois le chercher sous les étagères!»

Au Grand Hôtel du Lac, les animaux sont normalement interdits. «Mais pas Murphy», relève Norman Bourgoin, directeur de la restauration. Là-aussi, le félin avait ses habitudes, en hiver surtout. «On lui ouvrait la porte, il se baladait dans l’hôtel. On lui donnait toujours du saumon pour son petit déjeuner. Il s’allongeait devant la baie vitrée pour dire bonjour aux clients.»

Tellement aventurier, Murphy, que l’une de ses escapades a duré… deux ans et demi. Avant qu’il réapparaisse miraculeusement en octobre 2023. «On ne saura jamais ce qui lui est arrivé, s’interroge Joëlle Minacci. J’avais un lien très fort tout en lui laissant une grande liberté. J’ai essayé de faire en sorte qu’il puisse vivre comme il aimait vivre.»