
Le Bout Zouk est ouvert tous les jours depuis ce mercredi 22 juillet, de 11h à 23h. Une initiative pour passer une saison estivale plus sereine pour Le Bout du Monde et le Bachibouzouk. | N. Desarzens
Le quai Maria-Belgia accueille une petite roulotte. Sous la canopée, à quelques pas du lac, la structure sera active pour la belle saison. Une terrasse créée sous l’impulsion d’Adrien Colin, gérant du bar Le Bachibouzouk, et du tavernier du Bout du Monde.
Le Bout Zouk est aussi né de l’envie de se soutenir mutuellement. «Plutôt que de nous percevoir comme concurrents, nous avons choisi d’allier nos forces, dans un signal de positivisme», déclare Fred Vallotton.
La buvette associative va ainsi rythmer les rives tous les jours jusqu’à la fin du mois de septembre, avec quelques événements en perspective. «Nous ne faisons pas de la musique pour faire tourner le bar, nous faisons de l’argent pour organiser des animations», résume ce dernier.
Précarité des bistrots
En 23 ans d’activité, Le Bout du Monde a accueilli des milliers de concerts et organisé plusieurs festivals. Une culture libre, qui se paie au chapeau pour garantir une accessibilité au plus grand nombre. «Aujourd’hui, j’ai l’impression que je dois encore me battre pour survivre et avoir un peu de soutien», déplore Fred Vallotton.
Pour le gérant du Bout du Monde, le constat est sans appel. «Sans buvette estivale, on ne tiendrait tout simplement pas.» Or, sa collaboration avec la Biennale Images – qui se concrétise par une cabane au bout de la place du Marché – n’est pas reconduite cette année. En cause: le bar de la manifestation sera repris par le Château de l’Aile lors de cette édition. «Je perds ainsi la terrasse que j’avais tous les deux ans. Elle me garantissait des emplois et une rentrée d’argent!», souffle encore le tavernier.
Alliance solidaire
Changement d’habitudes de consommation et mise aux normes des établissements à la suite de la tragédie de Crans-Montana: bon nombre de petits établissements tirent actuellement la langue. «Les travaux pour remettre tout à jour représentent plusieurs milliers de francs. En tant que microstructure qui ne dégage pas beaucoup de bénéfices, cela nous a mis dans le rouge», retrace Fred Vallotton. À cette augmentation des charges, il faut aussi ajouter la baisse des habitudes de consommation lors des concerts et la difficulté d’attirer les vingtenaires, dans le bar-scène de l’est de la ville.
Du côté du Bachibouzouk, la situation n’est guère meilleure. Doté d’une terrasse annuelle de seize places, le bar de quartier subit la pression d’un recourant. Ce riverain récemment arrivé dans le quartier s’oppose à une terrasse saisonnière (cinq places supplémentaires). «On essaie de tout faire dans les règles, et on continue de nous tomber dessus. Nous restons une structure fragile, ce recours est un coup dur», confie Adrien Colin.
Le gérant du café-bar va toutefois pouvoir délocaliser une partie de sa terrasse à quelques mètres de son établissement, et ce, grâce à cette nouvelle collaboration avec Fred Vallotton. Un signal fort pour ces deux enseignes populaires de Vevey. «Les bars de quartier ont le droit d’exister, lancent-ils d’un seul et même accord. Cela a du sens de joindre nos forces pour l’été, qui est une saison compliquée pour nos deux établissements.»
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