Ollon veut retrouver une eau agréable à boire

Pour que l’eau du robinet retrouve son bon goût, il faudra que le lac de Bretaye soit réoxygéné, une mesure actuellement à l’enquête publique.  | TVGD

Environnement
Depuis trois étés, des cyanobactéries non toxiques altèrent le goût de l’or bleu venant de la principale source de la commune. Un système de chloration et un autre d’«oxygénation» du lac de Bretaye sont prévus.

Cet été sera-t-il le dernier au cours duquel les habitants d’Ollon et de Villars devront concilier avec un mauvais goût en buvant l’eau du robinet? C’est ce qu’ils sont en droit d’espérer depuis vendredi soir et la validation à la quasi unanimité de 1,1 million de francs par le Conseil communal pour l’installation d’une nouvelle désinfection de l’eau potable sur sa source principale du Poutet, située sur le versant ormonan du Chamossaire. 

Voilà trois ans en effet que des «altérations organoleptiques», caractérisées par un mauvais goût en période estivale, sont constatées. En cause, la présence de géosmine, une molécule qui donne un goût désagréable. Elle est produite par ces mêmes cyanobactéries, «celles-ci étant non toxiques», précise immédiatement le municipal Gilbert Freymond.

Problème: le système actuel de désinfection à l’hypochlorite de sodium (eau de Javel) tend à accentuer ces nuisances… Par ailleurs, après les tests effectués, son efficacité ne serait pas optimale contre les biofilms présents dans les conduites (et qui contribuent aussi au goût désagréable), ce qui annule les avantages de la facilité de mise en œuvre et le coût modéré. «Le nouveau système, plus onéreux mais plus efficace, recourra à la dioxyde de chlore, explique l’édile, ce qui devrait permettre de réduire sensiblement les nuisances olfactives et d’améliorer l’état sanitaire du réseau.» 

Bretaye «asphyxié»

Sur un plan plus large, mais tout autant chimique et d’ordre environnemental, l’origine du mauvais goût de l’eau a aussi une autre cause: la santé précaire des eaux du lac de Bretaye, «victime» d’eutrophisation, ce processus naturel qui transforme progressivement des plans d’eau en marais, puis en tourbière ou en prairie. 

Naturellement, le phénomène s’opère sur une très longue période, mais les activités humaines sont susceptibles de réduire ce processus à quelques décennies en déversant d’importantes quantités de phosphore et d’azote dans l’environnement. D’où la «réflexion globale intégrant les activités pastorales, touristiques et techniques, afin d’améliorer l’état sanitaire du lac» lancée par les autorités. «Depuis une année, l’accès au lac est du reste interdit au bétail», ajoute Gilbert Freymond.

Une autre mesure est par ailleurs à l’enquête publique jusqu’à lundi prochain en vue de revigorer le lac: un «système d’aération» des eaux. «L’idée étant d’apporter de l’oxygène à un lac de Bretaye complètement asphyxié!», précise le municipal. 

De quoi s’agit-il exactement? D’une «aération par diffuseur à <fines bulles>, similaire aux systèmes utilisés dans les STEP», lit-on dans la demande d’autorisation faite au Canton. Le dispositif «serait installé sous un cadre flottant maintenu par des bouées, permettant l’oxygénation jusqu’à une profondeur d’environ 5 mètres». Et le document de spécifier qu’un prototype de ce type de système a déjà été testé à la gouille du Duzillet à Saint-Triphon.

À noter encore que les «activités humaines» posent des problèmes sur la qualité de l’eau dans plusieurs communes. Pas plus tard que le mois dernier à Aigle, le Conseil communal acceptait d’investir un demi-million de francs pour étudier la réalisation d’une station d’ultrafiltration sur les deux principales sources d’approvisionnement. Une trop grande turbidité de l’eau explique cette réflexion, mais aussi la pollution de la nappe phréatique au chlorothalonil, PFAS et triazole ayant conduit à la fermeture d’un des deux puits d’appoint de la Mêlée.

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