Préparer dès maintenant les soins aux aînés de demain

Avec le vieillissement de la population, les soins à domicile deviennent un enjeu majeur pour le Réseau Santé et Social de la Veveyse.  | © Age Cymru/Unsplash

Santé
Le Réseau Santé et Social de la Veveyse doit évoluer pour faire face au vieillissement. Un rapport présenté à Granges fixe les priorités jusqu’en 2050.

En Veveyse, les personnes âgées de 65 ans et plus seront nettement plus nombreuses d’ici à quatre ans. Leur nombre devrait bondir de 35%, l’une des plus fortes progressions du canton, qui aura des répercussions directes sur les structures de soins et d’accompagnement.


Pour s’y préparer, le Réseau Santé et Social de la Veveyse (RSSV) devra évoluer en profondeur. Présenté mercredi dernier à Granges, le rapport «La Veveyse prend soin de vous» dresse un état des lieux du dispositif sociosanitaire et fixe les priorités à l’horizon 2030 et 2050.


Manque de lits
«En réalité, nous devrions disposer de davantage de lits déjà pour 2030, mais la création d’un EMS, de la planification à l’ouverture, prend entre huit et dix ans», explique Renaud Gauderon, directeur général du RSSV.
En attendant, l’agrandissement de deux EMS est à l’étude. À Attalens, le home du Châtelet pourrait accueillir 40 lits supplémentaires, destinés à des soins de transition pour les patients revenant de l’hôpital. À Châtel-Saint-Denis, la Maison Saint-Joseph pourrait gagner 5’855 m², soit 35 à 45 chambres supplémentaires, répondant ainsi à la demande croissante de chambres adaptées aux personnes âgées.


Cependant, ces projets ne suffiront pas puisque le district nécessitera 407 lits EMS en 2050, soit presque trois fois plus que les 158 lits existants aujourd’hui.


Soins à domicile en tension
«C’est aussi une question de financement. Créer de nouveaux lits en EMS coûte cher, alors que maintenir les personnes âgées à domicile est plus économique. L’enjeu est donc d’éviter que l’entrée en institution devienne systématique et de mettre en place des alternatives adaptées», souligne Renaud Gauderon.


Concrètement, les besoins en soins à domicile vont exploser. D’ici à 2050, le nombre d’heures pourrait croître de plus de 120%, soit près du double de ce qui est actuellement dispensé.


«Nous essayons déjà de trouver des moyens pour garder notre personnel et leurs compétences. Il faut fidéliser les collaborateurs, améliorer leurs conditions de travail et rendre les métiers de la santé et du social plus attractifs pour attirer de nouveaux talents», détaille le directeur général du RSSV.


Des lieux adaptés et flexibles
D’autres mesures restent à explorer, comme la création de logements protégés ou adaptés. Certaines adaptations sont déjà mises en place, comme des collaborations avec des ergothérapeutes et le soutien des proches aidants, indemnisés par le Canton de Fribourg, le seul en Suisse romande à proposer une rémunération pour cette activité exigeante. L’objectif est de permettre aux habitants de rester chez eux et de préserver leur autonomie le plus longtemps possible.


Les EMS aussi pourraient évoluer. «Nous devons imaginer des établissements médico-sociaux plus hybrides, situés entre le domicile et les prestations de soins», partage Renaud Gauderon. Des structures modulables et flexibles, pensées pour encourager les liens intergénérationnels, intégrant des commerces ouverts à la population, des espaces verts comprenant des jardins partagés, ainsi que des places de jeux.


Préparer le terrain
La jeunesse figure aussi parmi les priorités, avec des enjeux tels que l’accueil extra-familial, la santé mentale et physique ou encore les mesures de protection. À court terme, le RSSV prévoit d’élargir les soins à domicile à la pédiatrie et au suivi périnatal. L’an dernier, un partenariat avec le Service consultation parents-enfants a permis de mettre en place un accompagnement familial à domicile pour les familles traversant une période difficile ou se sentant débordées.


«Le but de ce rapport, c’est d’éviter que les Communes soient prises de court si, par exemple dans un an, je dois revenir devant une assemblée pour demander un crédit d’investissement pour l’étude d’un agrandissement d’un EMS. La situation est la même pour le personnel, car la hausse des heures de soins à domicile entraînera inévitablement une augmentation de la dotation, donc du budget de fonctionnement.»

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