
Une file d’attente de plusieurs heures s’est étirée devant le Centre Manor samedi 24 janvier. La raison de cette frénésie? La vente inédite de trompe-l’œil, ces douceurs qui imitent un objet ou un fruit, à prix réduits. Des centaines de jeunes n’attendaient qu’une chose: pouvoir goûter à ces gourmandises. «La dernière fois qu’il y avait une file comme ça, c’était pour la Fête des Vignerons», lance une vendeuse derrière le comptoir.
La maison de pâtisserie Gasri a donc fait une arrivée remarquée sur la Riviera pour l’inauguration de son nouveau point de vente il y a dix jours. Derrière la vitrine, des gousses de vanille XL côtoient des framboises et des pistaches démesurées.
Le boulanger-pâtissier basé à Renens attire surtout des jeunes becs à sucre. Car son entreprise a beaucoup misé sur les réseaux sociaux, les trompe-l’œil étant «tendance» en ligne. Avec 15’000 abonnés, le succès est au rendez-vous. Pour autant, le fondateur et chef pâtissier, Akram Gasri insiste sur la qualité de ses produits. «On ne fait pas de la fausse publicité pour attirer du monde», assure-t-il.
À l’origine de son initiative, il y a ce constat: si les trompe-l’œil sont en vogue, pourquoi n’existent-ils pas en Suisse? Après beaucoup d’essais et d’erreurs, le pâtissier autodidacte d’origine algérienne affine, peaufine ses recettes et lance Maison Gasri fin 2023. Aujourd’hui, il compte près de 1’000 ventes de pâtisseries par jour entre ses trois points de vente. À peine arrivé à Vevey, les ruptures de stock sont quotidiennes. «Après quelques heures, il n’y a déjà plus rien», confirme la vendeuse.
Près de quinze francs la pâtisserie
Si la matière utilisée reste proche d’une pâtisserie classique, un ingrédient change tout, le beurre de cacao. «C’est un produit noble et coûteux. Certains trouvent nos prix élevés, je les comprends. Mais le beurre de cacao atteint 50 francs le kilo, détaille Akram Gasri. Et notre vanille, celle de Tahiti, est la plus chère du marché à 70 francs le kilo.»
Sa création préférée? La fausse noix de pécan. Sans gluten, elle est composée d’un biscuit brownie, de caramel beurre salé, d’un croustillant, de praliné et d’une ganache aux noix de pécan. Il faut compter environ deux jours pour la confection d’un trompe-l’œil. «Une ganache doit se cristalliser au moins pendant six heures. On ne peut pas la travailler directement. Sans oublier les pralinés réalisés en laboratoire, c’est beaucoup d’étapes différentes. C’est un très long processus.»
