
Plusieurs affiches électorales de décroissance alternatives ont été vandalisées à la suite de la publication de l’article du Blick. | N. Desarzens
«Cette lettre interne fait preuve d’arrogance et de méconnaissance du terrain politique!» Après les récentes révélations du Blick sur un document interne évoquant les motivations du syndic à se représenter aux élections communales, Clément Tolusso n’hésite pas à clamer son désaccord. «Son message n’est pas très constructif, résume l’écologiste. Déclarer que sans lui, le parti n’est rien, ça n’a pas arrangé les choses…»
Déçu et en colère, il est le seul conseiller communal à avoir claqué la porte du parti pour figurer sur la liste électorale des Vert·e·s. Une décision qu’il justifie notamment en raison du «comportement problématique du syndic à l’encontre de sa collègue de parti, Gabriela Kämpf» au sein du collège. Des «désaccords» adressés et «travaillés» avec le soutien du groupe. «Leur présence sur un ticket commun en est le signe visible», explique la coprésidente de décroissance alternatives (da.) Sabrina Berrocal.
S’il dit ne pas savoir qui a fait fuiter cette note interne, il temporise toutefois la portée de ces révélations: «Ce n’est qu’une tempête dans un verre d’eau.» Un avis partagé par l’ancien syndic radical Yves Christen. «Ces dernières années, la vie politique veveysanne n’a pas suivi le cours d’un long fleuve tranquille. Ce n’est pas un cas unique et on s’en remettra.»
Une fuite qui a aussi suscité «beaucoup de soutien, y compris de personnes de l’administration, choquées par ces méthodes», nous indique da.
Un syndic «militant»
Premier député, premier municipal et premier syndic à porter les couleurs de la décroissance, Yvan Luccarini occupe une place «particulière» au sein de son groupe. «Le militantisme et la radicalité de M. Luccarini peuvent effectivement ne pas convenir à tous, ce qui est légitime en démocratie», réagit Sabrina Berrocal.
Si la formation politique affirme avoir eu «pleinement connaissance» des désaccords entre Yvan Luccarini et Gabriela Kämpf, elle n’a pas voulu «renoncer à la candidature d’un des deux sortants». «Notre liste représente à la fois la continuité et le renouveau», souligne cette ancienne présidente du Conseil communal.
La vie après la politique
Dans sa lettre, Yvan Luccarini déclare se présenter notamment «pour assurer [s]es arrières, en cas de difficultés à retrouver un emploi».
Interpellé sur cette actualité, le directeur des affaires institutionnelles et des communes à l’État de Vaud souligne que «l’impact d’un engagement politique est indéniable sur une carrière professionnelle». Si un engagement politique pouvait auparavant se poursuivre en parallèle d’une carrière professionnelle, c’est bien plus difficile depuis le tournant des années 2000, estime Vincent Duvoisin. Et de rappeler qu’un certificat de compétences de conduite des membres d’Exécutifs communaux existe, justement dans le but de favoriser une réinsertion professionnelle.
