Une cave au goût de bouchon

Trop d’humidité et des microparticules de bois ont provoqué le goût de bouchon présent dans les millésimes 2022 et 2023. | C. Cohen

Montreux
Un gâchis: les millésimes 2022 et 2023 de l’Amicale viticole du col de Onsla sont bouchonnés. Un coup dur pour l’association, qui cherche de nouveaux locaux.

«C’est seulement six mois après la mise en bouteilles que nous avons réalisé qu’il y avait un problème, nous explique Théo Fischer. Notre millésime avait le goût de bouchon, malgré le fait que nos bouteilles soient fermées avec des capsules. Le vin de l’année 2023 était alors déjà en cuve.» En somme, ce sont deux années viticoles qui ont été perdues. La faute à qui? À l’humidité importante des caves et à la proximité d’un atelier de bois.
«L’été dernier, nous avons enregistré jusqu’à 90% d’humidité. Les minuscules gouttelettes présentes dans l’espace sont des vecteurs de micro-organismes.» Or, juste à côté de ces cuves situées dans le bâtiment de Décal’Quai, se trouve un atelier de bois. Une proximité explosive qui explique le goût de bouchon que l’on retrouve dans le vin.
Cultivé et vinifié sans intrants ni sulfites, une fois contaminé, le vin est irrécupérable. «C’est extrêmement frustrant, car il est vraiment très bon, précise le vigneron en herbe. Si on s’amuse de nos erreurs – nous avions par exemple fait du vinaigre ou du vermouth avec des cuvées précédentes – dans ce cas précis, on ne peut vraiment rien en faire.»

Expérience viticole collective
Le raisin de la saison dernière se trouve actuellement dans la cave du vigneron Matthias Orsett, au Bouveret. Une solution temporaire bienvenue. «Nous ne souhaitons pas être un poids, détaille Théo Fischer. Nous sommes donc à la recherche de nouveaux locaux dans la région.» Prix du loyer, proximité et accès à l’eau sont autant de contraintes qui compliquent leur démarche. L’association lance un appel à l’aide pour trouver une nouvelle cave.
Alors que le mercure se réconcilie avec des températures plus douces, c’est le moment d’effectuer la taille dans les vignes. Après une mission d’arrachage de cornouiller, l’association a besoin de bras pour cette mission munie d’un sécateur, une étape cruciale pour le millésime 2025. «Avec beaucoup de trentenaires dans notre équipe qui sont devenus parents, nous sommes à la recherche de nouvelles personnes pour s’investir dans ce projet collectif.»