Une maison d’édition à taille humaine

Quand il fait les marchés, comme ici à Bulle, Gaël Sunier en profite pour mettre en avant ses auteurs, tous suisses romands.  | DR

Bouloz
Les Éditions du Flon ont été fondées l’an dernier avec pour projet de partager des trajectoires de vie. Portées par un seul homme, déjà huit ouvrages ont été publiés.

«Je me sens comme un poisson dans l’eau dans cet univers», sourit Gaël Sunier, encore novice dans le milieu de la littérature. À l’occasion du premier anniversaire de son entreprise, il revient sur le début d’une aventure inhabituelle. 

Tout commence en 2024, quand le quadragénaire auto-édite son livre «Facteur Humain». Il y partage des anecdotes vécues pendant 30 ans passés au sein de La Poste, pour mettre en valeur l’importance de l’échange et de la bienveillance dans la profession. «À la fin de ma carrière, je gérais une équipe. J’ai vu le métier évoluer, perdre son aspect humain.» C’est un burn-out qui mettra un terme à son activité et qui le poussera à terminer son livre. En une année, les 500 exemplaires imprimés seront vendus. Il décide alors d’aider d’autres auteurs à partager leurs expériences de vie et fonde les Éditions du Flon à Bouloz, le 15 juillet 2025. 

Un job de passionné

Huit ouvrages ont déjà été publiés. Fidèle à ses convictions, Gaël Sunier travaille en gardant l’humain et la littérature au centre. «Certains de mes auteurs n’auraient aucune chance dans une autre maison d’édition en raison de critères purement marketing, comme un âge avancé. Ce sont des arguments qui me dépassent!» Il reçoit une dizaine de manuscrits par mois et fonctionne au coup de cœur. «Si les premières pages me prennent, c’est bon signe.» Ses textes préférés sont ensuite envoyés à son groupe de lecture, composé de membres de sa famille et d’amis, qui lui font un retour. 

Et puis, c’est seul qu’il accompagne les auteurs sélectionnés dans toutes les démarches menant à la publication. Lecture, relecture, correction, mise en page, envoi à l’impression et promotion: Gaël est au four et au moulin. «Ma sœur qui travaille dans une fiduciaire me donne un coup de main pour boucler la comptabilité», précise-t-il. Malheureusement, ce travail très prenant ne lui permet pas encore d’en vivre. «Et ce ne sera peut-être jamais le cas. Mais la passion me porte!» 

Le prochain objectif de Gaël Sunier est de faire connaître sa maison d’édition plus largement. Si ses ouvrages sont déjà distribués en Suisse par l’Office du livre à Fribourg et, à l’étranger, par un centre d’impression à la demande, il fait régulièrement les marchés pour rencontrer le grand public. «Je place définitivement l’échange et l’humain au cœur de ce métier. J’aime raconter l’histoire derrière chaque livre, et je constate que les gens y sont réceptifs.»