
Fin 2023, le parking de l’Hôpital Riviera-Chablais avait déjà fait parlé de lui, mais pour une autre raison. Une partie de son goudron s’était soulevée. Des travaux avaient été entrepris pour le remettre en état. | C. Dervey – 24 heures
Les mots sont directs: «Je vous alerte, Madame, si rien n’est fait, cette situation va dégénérer.» Tel est le message d’une lettre anonyme, adressée ces jours à la directrice de la santé vaudoise, Rebecca Ruiz, et rendue publique mercredi dernier par «Rhône FM».
Envoyé par «un collaborateur» de l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC), ce courrier s’en prend au nouveau «plan de mobilité» de l’établissement, prévu pour le 1er janvier prochain, qui aurait des conséquences pour certains employés de la région. «Je vais perdre ma place de stationnement, comme tous mes collègues habitant en Suisse dans la Riviera et le Chablais», écrit ce travailleur, «habitant à 45 minutes à pied de la gare la plus proche et sans bus avant le début de son travail à 6h du matin.»
500 places pour 2’000 employés
Représentante des syndicats chrétiens du Valais (SCIV), à Monthey, Barbara Pfister souligne que c’est effectivement compliqué pour certains employés. «On ne peut pas demander de faire deux heures en transports publics après 12 heures de travail», estime-t-elle.
Ce cruel manque de places de parking autour de l’hôpital était déjà connu. Le problème est d’ailleurs confirmé par des chiffres parlants. Alors que le site hospitalier de Rennaz compte actuellement 1’965 collaborateurs, pour la plupart en présence simultanée, on dénombre au total 912 places de stationnement, dont 515 sont réservées à ses collaborateurs directs, précise le service communication du HRC. Quelque 297 places sont, elles, destinées au public, tandis qu’une centaine d’autres sont occupées par l’Espace Santé Rennaz, indépendant de l’hôpital.
Favoritisme démenti
Mais la missive va plus loin. Elle dénonce un «déséquilibre» dans l’attribution des places: ceci «alimente un sentiment d’injustice qui ne cesse de croître et, à terme, risque de nuire gravement au climat social». Selon son auteur, les parkings de l’hôpital sont en effet plus largement occupés par des véhicules immatriculés en France et d’autres collègues frontaliers.
Interrogé par la radio valaisanne, Christian Moeckli, le directeur général du HRC, écarte tout favoritisme. Les places sont attribuées sur la base d’une série de critères objectifs, qui tiennent compte de la situation particulière de l’employé, non seulement éloignée ou géographique, mais aussi familiale ou personnelle. Ceux-ci peuvent toujours être réévalués en cas de changement et les collaborateurs ont en outre un droit de recours.
Reste que le problème est aigu et que l’hôpital est à la recherche de solutions avec les autres autorités et institutions.
