Vevey honore l’illustre Paderewski

(De g. à d.) Camille Saint-Saëns, le syndic veveysan Eugène Couvreu et Ignace Paderewski.  | Musée historique de Vevey

Histoire
En 1925, les autorités prennent une première mesure phare à l’égard d’un étranger en exil, pianiste virtuose et grand homme d’État.

Il y a 100 ans, le Conseil communal de Vevey doit voter sur une proposition honorifique de son Exécutif, mené par Eugène Couvreu. Le syndic s’exprime en ces termes le 30 janvier: «Désireuse de prouver à Mr Paderewski toute sa gratitude, de façon plus tangible que les lettres et paroles qui lui ont déjà été adressées, la Municipalité propose de remettre au Maître un diplôme de «citoyen d’honneur de la ville de Vevey». Le Parlement valide à l’unanimité.

Trois jours plus tard, Ignace Paderewski reçoit le même hommage de la part des élus de Morges. Lausanne y procédera quelques années plus tard. Au printemps 1925, des délégations veveysanne et morgienne se rendent chez lui pour lui remettre ses parchemins. Paderewski s’installe à son instrument et joue pour ses hôtes, ce qu’il ne faisait que très rarement.

Preuve de l’attachement de Vevey à Paderewski, qui avait donné pour l’Épiphanie 1925 un concert gratuit au Casino du Rivage pour les tuberculeux de la région, un boulevard de Vevey La Jolie porte son nom. Son buste trône devant l’entrée de la cour de l’Hôtel des Trois Couronnes. Alors, me direz-vous, qui est ce Paderewski, au nom pas de chez nous, pour mériter de si grands honneurs?

Premier ministre en exil

Ignacy Jan Paderewski (1860-1941) est un pianiste, compositeur, philanthrope, homme d’État et diplomate polonais. Il est d’abord connu comme virtuose. Sa trajectoire est fulgurante. Il connaît honneurs et fortune. L’artiste achète en 1897 une maison à Tolochenaz, près de Morges, qui sera toujours son point de chute et refuge de son douloureux exil. Il donne bien sûr des concerts un peu partout, dont un célébrissime à Vevey en 1913. Avec son ami, le grand compositeur français Camille Saint-Saëns, il interprète une de ses œuvres pour deux pianos.

Patriote acharné, Paderewski consacrera quasi toute sa vie, son énergie et son argent à œuvrer pour sa mère-patrie. En 1914, dès le début de la guerre, cette grande âme fonde à Vevey, avec le Prix Nobel de littérature Henryk Sienkiewicz (ndlr: voir notre édition du 1er février 2023), le Comité central de secours pour les victimes de guerre en Pologne.

Premier ministre en exil de son pays, plus tard consul, il militera depuis la Suisse pour sa chère Pologne jusqu’à son départ surprise en septembre 1940 pour les États-Unis. Il y décédera le 29 juin 1941.

Sources: Archives de la Ville de Vevey, Paderewski – une vie, une œuvre, par Werner Fuchs, Wikipédia.

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