
Le Chorgue Laurent Bastardoz a commenté son 1’004e et dernier match mardi dernier. | DR
Les téléspectateurs les plus attentifs auront saisi son émotion en direct mardi dernier sur la chaîne MySports. Le match de hockey Fribourg-Zoug était le dernier de Laurent Bastardoz. Le Chablaisien de Troistorrents a décidé de dire stop à 63 ans au terme d’une carrière riche: Jeux olympiques, Championnats du monde et autres grands moments commentés pour la RTS, surtout, Radio Chablais aussi, ou encore Riviera Chablais Hebdo. Le pré-retraité explique sa décision depuis ses vacances en Thaïlande.
Laurent, comment avez-vous vécu ce dernier match ?
– Les trois dernières minutes, j’avais la voix qui chevrotait… C’était mon 1’004e match. Quelques jours auparavant, à la fin d’un match de Fribourg Gottéron, j’avais Julien Sprunger à l’interview, le premier joueur pro que j’ai vraiment côtoyé. Il m’a pris le micro et m’a remercié pour ma carrière. J’ai dû filer tout de suite après tellement j’étais pris par l’émotion…
Expliquez-nous cette décision.
– J’aurais pu prolonger encore une saison, mais je veux éviter de faire celle de trop. Je suis pré-retraité et je ne commente que trois matches par mois. On commence à se poser des questions en plein match, on n’a plus toujours tous les noms en tête… Je ne veux pas finir en ânonnant à l’antenne. Le hockey réclame des mises à jour tout le temps, j’y passe des heures, notamment quand je pars en vacances. Or, je veux pouvoir continuer de m’occuper sereinement de mon épouse malade.
On ne vous entendra vraiment plus ?
– Je garde un petit mandat pour RTS Sports, à la radio, pour Sport Première le samedi, 21 jours par an. Je pourrai en partie télétravailler pour la préparation.
À lire les réseaux sociaux, vous allez manquer à beaucoup de monde.
– Cela dépend… Le public peut être très sévère. À Genève, par exemple, certains ont toujours cru que j’étais pour Fribourg et à Fribourg on pensait que j’étais pour Genève. On me disait tantôt: «Bastardoz cul-de-jet-d’eau» ou «Bastardoz, v’là le paysan fribourgeois.» Au début, ça me touchait, et puis j’ai arrêté d’aller voir ce qu’on disait sur moi.
On vous connaît tellement pour le hockey qu’on en oublie que vous avez débuté avec le foot.
– Exact. Mais la concurrence était trop grande à la RTS. Je suis donc venu au hockey petit à petit. J’ai grandi avec les Championnats du monde aux côtés de l’ancien entraîneur Gary Sheehan, un excellent consultant qui m’a beaucoup appris.
Vos meilleurs souvenirs ?
– Les deux finales perdues par la Suisse face à la Suède aux Championnats du monde de 2013 et 2018. Et la finale des JO de Vancouver en 2010, Canada-États-Unis, avec le but décisif de Sidney Crosby, du délire! Ou encore l’interview d’Alinghi après la victoire en Coupe de l’America à Auckland en 2003. Ce métier m’a offert quelques privilèges exceptionnels, des trucs de fou!
