Les cliniques et les écoles privées s’unissent pour mieux exister

Alexandre Gademann, Benoît Samson, et Fabrice Pfulg sont à la tête de l’Association des Cliniques et des Écoles Internationales. Photos: ACEIRV

Riviera
Une association regroupant une quinzaine d’établissements vient de voir le jour. L’entité espère renforcer la place de ces acteurs dans l’offre touristique de la région.

Leur point commun? Accueillir une clientèle aisée venue des quatre coins du monde. De là, il n’y a rien de surprenant à ce que les cliniques et les écoles privées de la Riviera vaudoise aient décidé d’unir leurs forces. Constituée le 25 janvier dernier, leur association regroupe dix établissements scolaires internationaux et six cliniques. Son président Benoît Samson, œuvrant pour Sommet Education (groupe qui gère l’École hôtelière de Glion), et son vice-président Fabrice Pfulg, directeur et propriétaire de Laclinic à Montreux, évoquent la raison d’être de cette nouvelle entité.

Qu’est-ce qui a poussé vos deux secteurs d’activités à créer cette association?

– Benoît Samson: Il s’agit de faire avancer les choses. Nous souhaitons avoir une meilleure reconnaissance, que ce soit de la part de Montreux-Vevey Tourisme, des milieux hôteliers, des commerçants, et des autorités communales et cantonales. L’idée est de mettre en lumière la manne économique que les cliniques et les écoles privées représentent pour la Riviera. Une étude doit d’ailleurs être prochainement lancée par Promove pour pouvoir chiffrer cet apport.

Vous évoquez le souhait d’obtenir une meilleure reconnaissance. Cela signifie qu’il y a un manque à ce niveau?

– Fabrice Pfulg: Quand on parle de tourisme dans la région, le premier réflexe n’est pas de penser aux cliniques et aux écoles privées. Et pourtant, nos activités drainent énormément de gens venus de l’étranger, accompagnés parfois de leurs familles.

– Benoît Samson: Tenez, notre groupe a organisé une cérémonie de promotions récemment à Montreux. Cette dernière a réuni 800 personnes au Casino et 500 convives pour le repas au Montreux Palace. À cela s’ajoutent les cadeaux qui ont sans doute été achetés pour l’occasion dans les commerces alentour.   

– Fabrice Pfulg: Tout cela a un grand impact économique, mais paradoxalement assez peu d’efforts sont faits pour valoriser cette offre. À tel point que lorsqu’un visiteur veut se renseigner au sujet d’une clinique, il arrive que l’hôtel où il réside n’en ait jamais entendu parler. Nous devons être mieux organisés pour mettre en valeur ce que nous proposons, et ainsi mieux profiter des canaux de promotion touristique de la région.

Il faut dire qu’une forme de secret était traditionnellement cultivée, du moins dans les cliniques…

– Fabrice Pfulg: C’est vrai. À l’époque, lorsqu’une personnalité venait se faire soigner sur la Riviera, cela devait rester confidentiel. Mais les mœurs ont changé. Avec l’émergence des réseaux sociaux, les influenceurs et les stars partagent leurs séjours d’eux-mêmes. En parallèle, la concurrence internationale se renforce. C’est à nous de défendre notre savoir-faire en le rendant plus visible.

Du côté des écoles privées, l’association a aussi l’ambition d’aiguillonner un peu le Canton…

– Benoît Samson: En effet, il faut savoir que 70% des écoles privées suisses sont situées en terres vaudoises. Étant donné que neuf élèves sur dix viennent généralement de l’étranger, la masse de travail est conséquente pour le Service vaudois de la population. Les délais pour obtenir un visa sont parfois longs. À l’international, cette attente suscite de l’incompréhension.