La jeunesse grimpe plus vite que son ombre

Yoann Burkhalter et ses apprentis grimpeurs prennent la pose sur le bloc.  | DR

Villeneuve
L’escalade est un sport qui a le vent en poupe, en témoigne son introduction au programme des JO il y a 3 ans. La Riviera met sa pierre à l’édifice en inaugurant le 25 mai une nouvelle compétition pour les enfants.

C’est à la salle «Grimper» de la zone commerciale de Villeneuve que se déroulera pour la première fois l’évènement. Un lieu où officie Yoann Burkhalter en tant que coach pour la relève lorsqu’il n’est pas guide de montagne. «Cela fait 35 ans que je grimpe. J’ai d’abord commencé avec mon oncle, puis j’ai continué avec mes copains, jusqu’à en faire mon métier.» 

Selon les statistiques fédérales, 4,4% de la population suisse pratique aujourd’hui l’escalade. Au cours de sa carrière, il a pu observer l’évolution de ce sport aux yeux du grand public. «Depuis quelques années, le nombre de salles de grimpe ne cesse d’augmenter, ce qui prouve que la demande est là. Aujourd’hui, il y a une centaine de jeunes inscrits à la salle de Villeneuve, ce qui démontre l’attrait nouveau qu’a ce sport chez les enfants.»

Mélange d’aptitudes

La salle de grimpe accueille un groupe hétéroclite où chacun trouve son bonheur et peut varier ses plaisirs. À côté de cette pratique de loisirs se développe aussi un vrai sport de compétition, dans lequel trois disciplines différentes peuvent être pratiquées: l’escalade des voies, où, encordé, le but est d’atteindre le sommet d’une voie de plus en plus périlleuse; le bloc, où sans cordes, les grimpeurs doivent franchir des passages très techniques et physiques, afin d’atteindre le sommet d’un mur entre 2 et 4 mètres de haut dans les limites du temps imparti; et la vitesse, plus accessible pour le grand public, où deux grimpeurs s’affrontent sur une voie d’escalade identique de 15 m, tel un sprint. Le premier en haut remporte la manche. 

«L’escalade sollicite vraiment tout le corps, avec un mélange de souplesse, d’agilité, de force et de réflexion mentale nécessitant une réelle collaboration entre le corps et l’esprit, relève Yoann Burkhalter. Elle nécessite également une relation de confiance entre le grimpeur et son assureur.»

Promouvoir la compétition 

Le futur de la grimpe suisse est là, mais les compétitions pour les jeunes se font encore rares. Le centre régional d’escalade sportive Romandie Centrale a ainsi été créé, afin de promouvoir le volet compétitif. La structure organise une coupe romande de vitesse pour les enfants entre 7 et 11 ans, afin qu’ils puissent se mesurer aux autres et surtout pour récompenser leur travail effectué à l’entraînement. «Tous les enfants qui pratiquent l’escalade dans un club peuvent s’inscrire à cette compétition, partage le co-organisateur de l’événement. Ils peuvent le faire sur le site Web du CAS ou alors sur place le jour de la compétition à 8h30. Nous espérons accueillir entre 60 et 80 jeunes grimpeurs, toutes catégories confondues, ce qui promet un joli spectacle.» 

Il y aura un premier tour qualificatif où les jeunes sportifs auront plusieurs essais pour essayer de se qualifier pour la manche finale. Ceux qui y arriveront s’affronteront sous un format d’élimination directe, afin de déterminer le vainqueur final dans chaque catégorie, U10 et U12.

Les espoirs du club reposent sur les épaules de la jeune Anaïs Morelle (U12 filles), grimpeuse très prometteuse qui va essayer de se qualifier pour la phase finale, et pourquoi pas, s’inviter sur le podium devant son public. «J’espère que cette coupe sera une très belle fête qui rassemblera curieux et passionnés d’escalade, et surtout que cela poussera les enfants à continuer de pratiquer ce magnifique sport, conclut Yohann Burkhalter. 

GALERIE