La Riviera au cœur du nouveau polar de Michel Bussi

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Sortie littéraire
Corsier-sur-Vevey, le Manoir de Ban et un mystérieux internat pour adolescents traumatisés par la Deuxième Guerre mondiale, baptisé Les Amarantes, composent le décor de «Que la mort nous frôle». Un cadre qui ne doit rien au hasard.

Si la Normandie, de Rouen aux falaises d’Étretat, est son territoire de prédilection, Michel Bussi nous a déjà emmenés sur l’île de La Réunion, des Marquises, au Rwanda ou au Machu Picchu, autant de lieux inspirants qui deviennent sous sa plume des personnages à part entière. 

Logique: avant d’entamer un parcours d’écrivain à succès avec «Nymphéas noirs» en 2011, il a été enseignant et chercheur en géographie pendant 25 ans. «Que la mort nous frôle», son excellent 22e roman, plonge dans un mystérieux Manoir des Amarantes à Corsier-sur-Vevey, qui accueille, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, des adolescents traumatisés de toute l’Europe. 

Des événements inquiétants se produisent: le médecin-chef se livre à d’obscures expériences, tandis que des pensionnaires disparaissent. Un jour, l’un deux, se sentant en danger, décide de franchir la clôture qui le sépare du Manoir de Ban, où vit son idole. 

Pourquoi avoir choisi la Riviera vaudoise comme décor de «Que la mort nous frôle»?

– Je cherchais d’abord un pays où le suicide assisté est pratiqué et légal, pour le bien de l’histoire. Ensuite, un lieu où des enfants de toute l’Europe pourraient être accueillis au sortir de la guerre. Quel lieu plus propice que la Suisse, restée neutre, et qui a soigné beaucoup d’enfants pendant et après-guerre? Rapidement, je me suis aperçu que ce décor de rêve, ce paysage sublime entre Léman et Alpes, présentait un autre avantage, celui de l’ambiguïté. Ce paysage de carte postale peut dissimuler des aspects plus sombres, des mystères. Je cherche toujours pour mes romans des endroits emblématiques, dont les lecteurs ont déjà une représentation mentale, que mon histoire va tordre, déranger, troubler. 

Charlie Chaplin est le héros absolu d’un de vos personnages. Le vôtre, aussi?

– Absolument. C’est bien pour cela que mon roman se passe chez lui, de son vivant! 

Pourquoi vous inspire-t-il?

Son destin d’orphelin, né dans la misère pour devenir l’homme le plus connu au monde me fascine, tout autant que la manière dont il a fait de son personnage de Charlot, simple vagabond au cœur pur, un archétype entré dans la mémoire collective. Rares sont les artistes à être capables de toucher aussi largement avec des messages si profonds et révolutionnaires. Mon travail d’écrivain lui doit beaucoup: j’essaie moi aussi de créer un équilibre entre littérature populaire, divertissement, et profondeur du propos.

Que pensez-vous de Chaplin’s World, le musée installé dans le Manoir de Ban? 

– J’ai adoré! Le parcours est instructif, le musée agréable, le parc bucolique à souhait. J’ai pris autant de plaisir à revoir les films de Charlot qu’à découvrir les documents de famille. Sachant qu’il serait un des lieux clés de mon livre, puisque le Manoir de Ban y est voisin des Amarantes, où vivent mes héros, j’ai passé de longues heures à prendre des notes et des photos. Je suis venu seul, mais j’aimerais beaucoup revenir en famille!

Les Amarantes, justement, lieu central de votre roman. Réel ou imaginaire?

– C’est un lieu fictif. Forcément inspiré de certains manoirs, cliniques ou pensionnats, que j’ai pu apercevoir sur les bords du Léman, mais sorti de mon imagination. J’avais besoin d’une tour moyenâgeuse dans le parc, de statues antiques qui lui donnent un aspect fantastique, presque hanté. Et puis, Chaplin n’a pas de voisin direct dans la réalité!

Comment avez-vous découvert initialement la Suisse romande?

– J’ai découvert votre région en ayant la chance d’être invité à plusieurs reprises au Festival Le livre sur les quais, à Morges, où je serai à nouveau cette année. À chaque fois, les lecteurs me demandent d’écrire sur la Suisse. Je peux enfin leur dédicacer un roman qui se passe près de chez eux! Je suis aussi venu en Suisse porté par ma passion pour «Le Petit Prince», au moment de mes recherches pour mon roman «Code 612, qui a tué Le Petit Prince?», paru en 2021. J’ai visité à Lausanne la collection unique de la Fondation du Petit Prince, rencontré son fondateur Jean-Marc Probst. J’avoue n’avoir pas pris le temps de flâner sur les quais ou en montagne. J’espère avoir l’occasion de le faire un jour!

Plus d’infos: 

Michel Bussi sera en dédicace à la librairie La Fontaine (rue du Lac 47, Vevey) le mercredi 27 mai de 18h à 20h.

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