
Gardien et capitaine, Nicolas Grivot est l’un des maillons essentiels du Vevey-Sports cette saison. | asproduction.ch / Vevey-Sports
Vevey n’a jamais été si près de réaliser le rêve poursuivi par le club depuis longtemps: monter en Promotion League (3e division suisse). Rien ne semble pouvoir arrêter cette équipe transfigurée depuis des mois. Après avoir nettement dominé Tuggen lors de ce premier tour des finales (victoire 3-0 en Copet puis 2-1 au retour), Vevey n’a plus qu’un obstacle à franchir. Sur sa route, le FC Schötz, une équipe lucernoise qui vient d’éliminer les M21 de Sion. Le match retour de cette finale tant attendue aura lieu samedi dans un stade de Copet forcément des grands soirs.
Un entraîneur à l’écoute
Au lendemain de cette qualification pour la grande finale, l’entraîneur Jean-Philippe Lebeau ne cachait pas sa satisfaction. «On a fait la différence à l’aller avec une belle performance à la clé. À Tuggen, on ne savait pas trop comment aborder ce match. Menés après 20 minutes, nous avons su mettre le pied sur le ballon et renverser la situation. Pour maintenir notre dynamique actuelle avec 15 matches sans défaite, il était important de ne pas perdre.»
Mais l’ancien coach de Meyrin voit plus loin. «Ce qu’on a réussi jusqu’ici est super, on a mené Vevey-Sports où il n’a plus été depuis une éternité, mais ça ne suffit pas. Rien n’est encore fait, il faut encore jouer cette finale!» Arrivé à mi-saison, comment a-t-il pu métamorphoser à ce point une équipe pointant à la 9e place à 12 points du premier finaliste? «J’ai apporté une dynamique nouvelle, mes convictions. Le groupe a cru en mes méthodes de travail et on a avancé ensemble.»
Un avis partagé par son capitaine Nicolas Grivot. Selon lui, Jean-Philippe Lebeau a joué un rôle clé dans cet improbable retour au premier plan. «Avec lui, on bosse dur, mais il reste toujours humain, proche des joueurs. Il nous a redonné le plaisir, l’envie, la joie de jouer ce qui est primordial dans le foot. Et aujourd’hui, on est là où on voulait être.» Dernier rempart du onze veveysan, Nicolas Grivot démontre cette énergie sur le terrain. Omniprésent, il encourage les siens en permanence et peut traverser tout le terrain pour réconforter un coéquipier. «J’ai la bougeotte, je suis comme ça. J’aime être acteur dans le match et protéger mon équipe.»
Une équipe complète
Ce Vevey euphorique, on en a eu un joli aperçu mercredi dernier lors du match aller contre Tuggen. L’équipe a survolé les débats devant un public nombreux et enthousiaste et le 3-0 final n’a reflété qu’imparfaitement la domination veveysanne, tant chaque action ou presque a débouché sur une occasion. Outre ce jeu très technique, fluide où les joueurs se trouvent les yeux fermés, on sent une formation sûre d’elle, solidaire, combative et déterminée. Meilleur symbole de cet état d’esprit, l’avant-centre Darian Yana qui, loin de se contenter de son rôle d’attaquant, ne cesse de harceler les défenseurs adverses et les empêche de relancer dans de bonnes conditions.
À ses côtés en attaque, dans un tout autre registre, Marwane Hajij s’impose comme l’artiste de l’équipe. Un frisson parcourt le public dès qu’il reçoit le ballon. On se demande à chaque fois quelle arabesque il va inventer pour mystifier ses adversaires. Il en fait parfois trop, mais c’est un régal pour les yeux. Et tout à Vevey est orchestré, au milieu du terrain, par ce stratège tout en finesse qu’est Alexis Charveys. Avec son jeu dépouillé à la Xhaka, le Français aligne les passes justes, au bon moment, dans les bons espaces. Il est le dépositaire du jeu veveysan. Avec ces éléments, Vevey semble disposer de toutes les cartes pour réussir ce qui ressemblait à une utopie voilà quelques semaines: la promotion.
