Un regard sur Vevey

Dans ses clichés, Aline Paley s’emploie à capturer la nature à sa manière.  | A. Paley

Photographie
Culture Vevey a donné carte blanche à Aline Paley pour partager sa vision de la ville. Rencontre avec une artiste sensible aux forces de la nature.

Novembre 2023. Aline Paley déambule sur les quais. Le Service de la culture de la Ville de Vevey lui a donné carte blanche pour photographier la ville. Au contraire de ses trois prédécesseurs qui se sont vu confier le même mandat, elle ne souhaite pas parler de la ville côté béton. Pour elle, ce sera le lac.

«Lorsque l’on habite au sud de la gare à Vevey, on peut facilement s’imaginer l’état du lac en fonction de la météo. J’ai grandi avec ce lien au Léman et j’ai toujours besoin d’avoir un espace d’eau à proximité», partage la quarantenaire. 

Dans ses clichés, la photographe s’attache à capturer des éléments de la nature: les vagues déchaînées, l’agitation des mouettes, les poissons à peine pêchés, la vie des cygnes, la neige qui tombe.

«Le feu était pour moi l’élément manquant. Je suis donc allée en allumer. Cet acte résonnait avec l’actualité, parce qu’à Vevey le centre d’hébergement d’urgence de Caritas Vaud avait dû fermer ses portes et je voyais beaucoup de gens à la rue. Je rêvais d’un grand feu sur la place du Marché.»

À défaut d’un grand feu, trois drapeaux arborant des flammes ont été hissés, d’avril à mai, en haut des mâts du débarcadère Vevey-Marché.

Mettre en lumière des communautés

Ce n’était pas la première fois que l’artiste présentait des œuvres dans l’espace public. Lors de l’édition 2014 du Festival Images Vevey, la façade du centre commercial Saint-Antoine avait accueilli «Fauvisme», une série de portraits, pensée comme une étude typologique, de personnes aux cheveux roux réalisée avec son partenaire Alex Troesch. 

«Être photographe, c’est un très bon prétexte pour rencontrer des gens et découvrir des communautés auxquelles je n’aurais pas accès autrement», explicite Aline Paley. À travers son travail, la photographe cherche à mettre en valeur les minorités. «Visuellement, je suis très sensible aux lumières et à la mise en lumière pour réenchanter le monde, l’embellir et faire briller les gens ou même un paysage.»

Un riche parcours artistique

Formée au CEPV, puis à la School of Visual Arts de New York, la Veveysanne passera dix ans sur le continent américain. Elle effectue régulièrement des portraits ou des reportages pour la presse, que ce soit aux USA, au Mexique ou en Suisse.

La pandémie la fera revenir définitivement sur la Riviera. Mais impossible pour elle de rester sans stimulation intellectuelle. Elle se lance dans un Master en arts visuels, orientation sphères publiques à l’École de design et haute école d’art du Valais (EDHEA). «J’étais une des plus âgées de ma volée, mais je ne me suis jamais sentie mal à l’aise. Ce cursus mélange des profils très différents, que cela soit au niveau de l’âge, de la pratique artistique ou du pays d’origine. C’était une expérience vraiment enrichissante», témoigne la diplômée. 

Avec un groupe d’amis du master, Aline Paley a fondé le collectif LACS. Ensemble, ils travaillent sur un projet qui met en relation la disparition des glaciers et des légendes liées à la mort. Mais ce qui occupe actuellement les journées de la photographe, c’est l’iconographie du livre à paraître pour célébrer les 20 ans de la Manufacture à Lausanne.

Carte blanche 2024 à Aline Paley, galerie virtuelle à voir sur: culturevevey.ch/carte-blanche-2024-aline-paley

Site web de l’artiste: alinepaley.ch

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