«Toutes ces rencontres ont été hyper fédératrices pour notre canton»

« Cette journée fut l’occasion de créer aussi des ponts avec des Communes plus éloignées sur le plan géographique”, Grégory Devaud, Syndic d’Aigle  |S. Mazzanisi

Grégory Devaud
Le syndic d’Aigle évoque la Journée des communes vaudoises, qu’il a voulue comme celle de tout le district et qui s’est déroulée samedi. L’édile parle aussi de l’avenir de sa ville comme de celui du Chablais.

Ce samedi 8 juin 2024, la Ville d’Aigle a reçu, en grande pompe, des représentants des autorités des 300 Communes vaudoises à l’occasion de la traditionnelle journée annuelle qui leur était dédiée. Vaud couvre 8% du territoire helvétique (2’821 km2) et se hisse au troisième rang des cantons en nombre d’habitants (830’000). 

Outre la partie officielle, les autorités locales ont concocté un programme de visites pour les quelque 1’800 invités du jour, partout dans le district, où les nombreux partenaires ont contribué à faire découvrir ou mieux faire connaître ce samedi matin la vie du Chablais. Les animations offertes dans le cadre de «Aigle ville en fête» (dès 17h), dont les concerts d’Aigl’in Music, ont permis aux hôtes venus des quatre coins du canton de prolonger la journée et festoyer de la meilleure des manières. 

Grégory Devaud nous parle de la genèse du projet, de son organisation méticuleuse, mais aussi de l’avenir de sa ville et de tout le district. Âgé de 40 ans, marié et père de trois enfants, l’édile, agriculteur de profession, est député depuis 2007. Il siège à l’Exécutif aiglon depuis 2011, où il occupe le poste de syndic depuis 2021. 

Grégory Devaud, qu’est-ce qui a motivé votre Municipalité à proposer Aigle comme cité-hôte de la Journée des communes vaudoises 2024?

– Tout d’abord, Aigle avait déjà organisé en 2007 une telle journée dans le cadre de l’Union des communes vaudoises (ndlr: UCV). Sa présidente avait lancé un appel à candidatures en 2022 pour l’édition 2024. Cela faisait un moment que cela nous intéressait de remettre sur pied ce type de journée hyper fédératrice pour notre canton tout entier. 

Fédérer est donc le maître-mot qui vous a motivé?  

Oui. Et surtout de fédérer encore plus notre région, autour de notre principale richesse naturelle: la vigne et le vin. Ainsi, nous avions approché à l’origine les quatre autres grands terroirs de l’AOC Chablais que sont Villeneuve, Ollon, Bex et Yvorne pour organiser en commun cette grande journée de fête. Leurs autorités ont toutes immédiatement adhéré à l’idée. Le syndic d’Yvorne Edouard Chollet était alors allé présenter notre dossier de candidature, qui avait été retenu.

C’est donc une très grande partie du district d’Aigle qui a reçu ce 8 juin?

C’est même l’ensemble des communes du district, puisque dès les premières rencontres et discussions nous avions rapidement décidé d’inviter à 15. Et dans le cadre de notre grande région et de l’agglomération qui en découle, nous avons eu samedi le Chablais valaisan comme invité d’honneur. Le Conseil d’État valaisan était aussi représenté. Dans le menu 100% local de notre banquet, nous avons eu le plaisir de proposer les asperges de Collombey et les truites de Vionnaz!

La journée s’est néanmoins concentrée sur Aigle.

En ce qui concerne la partie officielle et les agapes, oui, à l’Arsenal, un endroit pratique car très proche de la gare. L’assemblée générale, elle, a eu lieu aux Glariers. Beaucoup des 1’800 invités étaient conviés à se déplacer en transports publics, et notamment avec un billet de train Mobilis. Nous avions aussi assez de place pour créer un village de 51 exposants et de 200 sponsors. Enfin, nous avions proposé un grand programme de festivités qui ont pris place après la fin du grand banquet. 

Qu’a représenté pour une Commune, et donc un district cette année, l’accueil des édiles des 300 autres Communes vaudoises?

Une grande joie, une fierté, une responsabilité; dans la concorde, avec le plaisir de se retrouver, de partager en toute amitié, de faire aussi des connaissances. La Journée des communes, c’est la course d’école des Municipalités vaudoises. Du reste, nous avions mis sur pied un catalogue de 22 visites dans tout notre Chablais vaudois à l’attention de nos 1’800 invités. Les inscriptions avaient été bouclées en une semaine!

Est-ce un coût important pour la collectivité aiglonne?

Aucunement, puisque les 750’000 francs de budget sont entièrement couverts par les partenaires et les représentants des Exécutifs qui ont payé un montant forfaitaire en achetant le livret de fête qui donne droit à tout. Nous avons juste constitué une couverture de déficit de 22’000 francs.

Est-ce que c’était aussi une journée pour engager des relations plus informelles avec le Canton et son Conseil d’État, éventuellement pour aplanir certains angles?

– Oui, ça peut l’être puisque le Gouvernement nous a fait l’amitié et l’honneur de sa présence. Les relations sont actuellement plutôt bonnes entre nous. Une journée comme celle-ci est l’occasion de créer aussi des ponts avec des Communes plus éloignées sur le plan géographique. On peut prendre des rendez-vous. C’est aussi l’occasion de souligner l’importance de l’UCV qui est le soutien et quelquefois le défenseur des Communes vaudoises, et de remercier sa direction pour son engagement.

Cette journée est finalement apparue comme une fantastique vitrine, non?

– Très clairement! Dans un cadre convivial, elle a permis  de présenter le dynamisme qui anime notre région, sa beauté évidemment, nos projets. Et ceux actuellement engagés sont importants. Comme le futur gymnase du Chablais, l’Espace événementiel des Glariers à venir, une salle à vocation régionale, puisqu’elle sera la plus importante entre Montreux et Martigny. Il y a aussi le réseau de chauffage à distance qui couvrira à terme une immense partie du Chablais, la STEP régionale, de nouveaux ponts et passerelles entre les deux berges du Rhône, comme autant de traits d’union pour les transports publics et la mobilité

GALERIE