La Fête fédérale de gym, c’est leurs «petits Jeux olympiques»

Cédric Bovey et sa fille Kayla, médaillés à la Fête cantonale vaudoise en 2022 à Yverdon.  | DR

Lausanne
La prochaine fête, en juin 2025 à Lausanne, sera celle de tous les records. Ces quatre gymnastes de la Riviera et du Chablais ont hâte de s’y (re)plonger.

Quand on parle de la prochaine Fête fédérale de gym qui aura lieu en juin 2025 à travers tout Lausanne, on cite toujours ces chiffres vertigineux qui illustrent la taille de l’événement: 70’000 participants représentant 2’300 sociétés, 300’000 spectateurs, 25 millions de budget. 

Mais ce que retiennent ceux qui ont déjà participé à ce méga événement – il a lieu tous les six ans –, c’est l’ambiance unique qui y règne, la convivialité rassemblant ces passionnés âgés de 7 à 77 ans. La joie de se retrouver relègue au second plan les résultats et les classements. De la Riviera et du Chablais, Cédric, Amandine, Luna et Claude ont hâte de s’y replonger, forts de leurs différentes casquettes.

Par ici le boss

Prof de gym au gymnase du Burier à La Tour de Peilz et futur chef du Service cantonal des sports, Cédric Bovey (40 ans) n’est autre que le président de la fête. Il a été désigné en 2020. «À la tête d’une équipe opérationnelle d’une dizaine de personnes, j’ai surtout un rôle stratégique. Au niveau temps, c’est gérable», relève-t-il. 

Il avait participé à sa première Fête fédérale en 2002 à Bâle. Il avait à 18 ans. «J’avais fini 6e du concours individuel remporté par mon frère.» 

Depuis, il n’en a pas raté une. «Comme ces fêtes ont lieu tous les six ans, elles marquent toujours une étape dans la vie, avec des visions, des objectifs différents. Ce sont nos petits Jeux olympiques à nous. On se concentre une heure sur nos performances et dès que c’est fini, on redevient copains, la fête est partout, il y a une grande communion.» 

Outre son rôle de président, il sera à nouveau sur le terrain à Lausanne parmi la cinquantaine de membres du Vevey Ancienne, son club. Il se réjouit de prendre part au duo baptisé «Elle et Lui», avec Kayla, se fille de 15 ans. «Ensemble, nous ferons l’exercice au sol en musique et les anneaux balançants, jugés sur la synchronisation. Puis individuellement la barre fixe et les barres parallèles. On commencera à se préparer après les vacances d’été. ça va être un belle expérience.»

Une fête immense

À 18 ans, Luna Blattner, monitrice, s’occupe deux fois par semaine dans son club de Chernex de quelque 25 apprentis gymnastes âgés de 5 à 10 ans. «Il faut bien les encadrer, car parfois ils sont dissipés et ça peut être dangereux selon les engins», raconte la gymnasienne. 

Meilleure vaudoise des derniers Championnats suisses, elle dit «tout aimer dans la gym aux agrès, avec une petite préférence pour la barre fixe». 

Elle avait 12 ans, en 2019, quand elle a découvert la Fête fédérale à Aarau. «Je savais à peine ce que c’était. J’avais été impressionnée par la grandeur, sans comparaison avec nos petits concours régionaux. Une super expérience qui, en plus, m’avait permis de rater quelques jours d’école», rigole-t-elle. 

Elle se réjouit déjà d’y retourner et d’en profiter d’une autre façon à son âge. «Après les concours, on ira boire une petite bière, ça va être sympa.»

«Au début, il y a des tables»…

Architecte, Amandine Chappuis (36 ans), de Jongny, fait partie du comité de décoration de la fête de Lausanne. «Au départ, il y a des tables, des chaises et rien d’autre sous les tentes. Notre rôle sera de rendre les espaces de la fête plus fun, plus ludiques et j’ai déjà quelques idées à ce sujet», raconte-t-elle. 

Sa carrière de gymnaste, entamée à 4 ans, elle y a mis un terme à l’occasion d’une autre fête mythique, celle des Vignerons en 2019. Elle faisait partie du spectacle au cœur de l’arène. À son compteur figurent quatre Fêtes fédérales. «C’est très bon-enfant, très festif, très suisse allemand aussi, sourit-elle. Qu’on ait 16 ou 40 ans, c’est comme si on avait le même âge et dans aucun sport on ne trouve une telle mixité dans les concours en groupes. À Aarau, même les douches étaient mixtes, c’était surprenant.»

Un bénévole parmi 4’000

60 ans, employé dans une multinationale de la chimie à Monthey, Claude Schneider fera partie des quelque 4’000 bénévoles l’an prochain. En 1978, à 14 ans, il avait participé à la dernière Fête fédérale organisée en Suisse romande. 

Depuis, ce spécialiste de la chorégraphie au sol n’a raté aucun de ces rendez-vous appartenant aux traditions du pays depuis…1832. «Ces milliers de gymnastes dans tous les coins, c’est toujours émouvant. L’ambiance est magnifique.» 

Dans son club d’Aigle Alliance, l’un des plus grands de Suisse romande, qui enverra 450 gymnastes à Lausanne, il a tout fait, de responsable technique à juge pendant 30 ans.

Il l’a même présidé durant onze années, alors que sa vice-présidente n’était autre que son épouse Marinette, toujours monitrice aujourd’hui. Chez les Schneider, la gym est une passion familiale. Aujourd’hui c’est Xavier, le fils, qui a repris les rênes du club. 

Claude Schneider aime raconter une anecdote de 2000. Il faisait alors partie du comité dit «de fusion», celui qui, après d’âpres débats, avait obtenu des associations masculine et féminine  du canton de Vaud, séparées jusque-là, qu’elles se regroupent enfin. «Il y avait eu pas mal de résistances et des deux côtés, se souvient-il, amusé. Les mentalités ont bien changé depuis.»

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