
Un monde féérique et floral se dévoile dans le spectacle «Paradis». Une production jouée par sept artistes de 23 à 50 ans. | R. Diener
Après une magnifique tournée 2023 dans toute la Suisse, les compagnies MEA Circus et KUNOS Circus Theater – qui vient de recevoir le Prix culturel 2024 de l’État de Fribourg – se retrouvent à Vevey pour débuter celle de 2024.
«Le spectacle a bien rencontré son public. Nous étions vraiment contents du résultat. Donc nous nous sommes lancés dans une seconde tournée, s’illumine Victor Goyette (26 ans) directeur artistique et président de l’Association MEA Circus. Et dans ce cadre idyllique, c’est quand même génial!»
Les sept artistes, de 23 à 50 ans et des poussières, tendront un chapeau à la fin de la représentation, car cette «collecte permet à toutes les bourses de venir». Et joueront quoi qu’il arrive, par tous les temps. «Si les gens restent, nous restons. C’est notre règle», affirme le circassien.
De la féerie au chaos
«Paradis» n’est pas une suite de numéros de cirque, mais bien une histoire. Celle de deux clowns jardiniers, Albert et Rosalie, qui choient leurs végétaux artificiels jusqu’au jour où les plantes se réveillent. Elles se mettent à grimper, à s’agiter, à courir. Un monde féérique se déploie sous les yeux du public fasciné au son tantôt de l’accordéon et du saxo, tantôt de l’électro. Jusqu’à ce qu’un accident vienne tout changer et provoque une rébellion.
«Chaque plante, ou chaque artiste, développe une histoire et ses talents, précise Victor Goyette. Corde aérienne, diabolo, roue Cyr ou encore jonglage, chacun maîtrise sa discipline, mais tous se retrouvent autour de la musique, de la danse, du théâtre de rue et des scènes de groupe.»
Un recyclage original
Lui-même acrobate de mât chinois, «une sorte de pole dance, mais de 6 mètres de haut, avec une barre plus épaisse», il se réjouit d’exécuter «des saltos, des vrilles et de se rattraper en bas, au dernier moment, pour provoquer des sensations auprès du public». Un public assis au milieu d’un chapiteau… ouvert. «Nous avons gardé les structures, deux mâts principaux, une coupole, mais pas les bâches sur les côtés», explique le directeur artistique. Quant au décor, fabriqué par les artistes eux-mêmes, il est presque entièrement réalisé à partir de matériaux recyclés, pour présenter une création au «message éco-responsable, sur fond poétique, comique et acrobatique».
Ce projet un peu fou est né d’une volonté de travailler entre amis. Les vingtenaires, français, suisses et autrichiens, se sont tous rencontrés dans une école professionnelle aux Pays-Bas. «J’ai commencé le cirque dans l’école de Clemens Lüthard et Benedicte Bütler, le KUNOS Circus Theater, quand j’avais 15 ans, raconte Victor Goyette. J’avais envie de réunir mes anciens profs et ma nouvelle compagnie émergente. C’est devenu un projet intergénérationnel.» Un cirque du 21e siècle, respectueux des traditions et tourné vers l’avenir. «Nous sommes déjà en train de programmer et de penser notre prochain spectacle pour 2025!»
Plus d’infos:
www.paradiscircus.com
«Paradis», du 10 au 13 juillet à 20h et le 14 juillet à 19h, rue Clara-Haskil (lac), Vevey.
