Que deviendraient nos alpages sans eau?

L’élevage est fortement dépendant de l’eau.  | C. Dervey – 24 heures

Château-d’Œx
Dans l’optique d’une gestion sur le long terme des alpages, la question de l’eau occupe, parmi d’autres, une place primordiale. Pro Natura Vaud mène une réflexion importante sur ce thème.

Propriétaire de nombreux alpages, Pro Natura Vaud se soucie de leur pérennité. L’organisation de protection de la nature a ainsi étudié la question de l’eau et de sa gestion dans les alpages. Les résultats de son étude, menée avec l’aide d’une étudiante de l’Université de Lausanne, ont été dévoilés la semaine dernière à Toumalay, sur la commune de Château-d’Œx. 

Pro Natura Vaud a acquis ses alpages dans les années 1960–1990 «dans le but de préserver les paysages de montagne du développement touristique et des projets de l’armée», indique l’organisation. L’idée au départ était encore de gérer durablement et respectueusement ces surfaces. L’exploitation permet d’éviter l’embuissonnement et l’envahissement par la forêt, et ainsi de préserver les espèces liées aux zones ouvertes et semi-ouvertes. 

L’eau et sa gestion sont aussi des éléments primordiaux. Cette ressource est évidemment capitale pour le bon fonctionnement d’un alpage. On ne pourrait pas fabriquer du fromage ou abreuver le bétail sans elle. «Avec l’augmentation des températures et conséquemment des sécheresses en été, la disponibilité en eau devient de plus en plus précaire pour certains alpages, déjà aujourd’hui», rappelle Pro Natura. 

Pallier le manque de fourrage 

«Pro Natura Vaud va continuer à investir ces prochaines années dans ses alpages pour stocker l’eau de pluie s’écoulant des toitures, afin de ne pas tout miser sur les sources qu’il convient également de préserver. Une meilleure protection des sources est aussi en cours notamment pour éviter qu’elles ne soient souillées par les bovins», détaille l’organisation écologiste.

Elle estime qu’une réflexion à l’échelle régionale, voire cantonale, est également nécessaire, avec en point de mire la nécessité de préserver les ressources en eau essentielles à l’agriculture de montagne, comme «la biodiversité si particulière des milieux fontinaux (ndlr: espaces situés à l’interface entre eaux souterraines, ruisseaux et habitats terrestres)».

L’étude révèle par ailleurs le fait que le manque de fourrage est le défi le plus important pour l’avenir des exploitations de montagne, en lien avec la problématique de l’eau. Ses capacités de stockage insuffisantes doivent être augmentées pour poursuivre l’exploitation alpestre. 

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