«J’aime explorer tous les chemins, surtout ceux qui me sont inconnus»

Autant que faire se peut, Sara Oswald prend son violoncelle quand elle part arpenter les pentes escarpées des Préalpes vaudoises et des cimes valaisannes. | R. Guélat

Sara Oswald
La violoncelliste de Leysin jouera en duo ce jeudi au Festival international du film alpin des Diablerets en illustration musicale d’un film. Celui qui lui a été consacré sera aussi projeté le même jour.

La 55e édition du Festival international du film alpin (FIFAD) s’achève samedi. 70 films cette année étaient au programme, un record. D’ici à la fermeture, il y a encore beaucoup de découvertes à faire aux Diablerets et d’œuvres à voir. La violoncelliste fribourgeoise Sara Oswald, qui signe depuis trois ans le générique du festival, se produira ce jeudi en duo devant la projection d’un film de 1925.
Depuis des années, la musicienne professionnelle de 46 ans multiplie les expériences musicales. Elle, qui a suivi une formation classique aux Hautes écoles de musique de Lausanne et Genève, a notamment croisé les notes avec Sophie Hunger, The Young Gods et Pascal Auberson.
Également passionnée de montagne, qu’elle gravit souvent avec son instrument sur le dos, Sara Oswald s’est installée en 2020 dans un grand chalet à Leysin pour la rendre encore plus accessible.


Sara Oswald, quelle est votre actualité aux Diablerets?
– L’organisation a mis au programme le film que Romain Guélat a tourné sur moi pour Passe-moi les jumelles. Il a déjà été projeté à la télévision, mais jamais sur grand écran. Il est le fruit d’une rencontre informelle avec le réalisateur dans le cadre justement d’un précédent FIFAD. Romain m’a contactée par la suite en me présentant son projet. Le film parle de mes passions pour la musique, les rencontres et la montagne.

Mais le public va-t-il se contenter de regarder un documentaire de 26 minutes sur grand écran?
– Non, puisqu’avec le guitariste Robin Girod (ndlr: le Genevois est cofondateur du groupe Mama Rosin) nous allons nous produire en ciné-concert. Nous allons jouer notamment des improvisations devant la projection d’un film. J’ai aussi rencontré Robin dans le cadre du FIFAD. Et c’est la deuxième fois que nous partageons la scène.

Vous avez un agenda particulièrement rempli. Est-ce une exception dans le monde de la musique suisse?
– Je ne sais pas ce qu’il en est pour les autres, mais j’ai en effet la possibilité de vivre de ma musique et de l’exercer en tant que professionnelle. C’est vrai, je suis assez demandée en Suisse et à l’étranger.

Après une formation académique, vous avez décidé rapidement de quitter les orchestres classiques. Pourquoi?
– J’ai ressenti un ras-le-bol. Je souffrais de la fermeture de ce milieu qui ne me convenait pas. J’ai alors trouvé l’ouverture. Déjà durant mes études, je jouais de la basse électrique dans un groupe et j’ai commencé à composer dès l’âge de 20 ans et à jouer avec différents artistes.

Comme des chanteurs, danseurs, comédiens, écrivains?
– Oui. J’aime explorer tous les chemins, surtout ceux qui me sont inconnus. En toute liberté. Je ne me fixe pas de limites en matière de musique, aucune frontière.

Est-ce la même démarche avec la montagne?
– Exactement. Je fais aussi bien de la grimpe en salle que sur falaise, des marches ou du ski de randonnée. Je me suis installée à Leysin pour être plus près des Préalpes vaudoises et aussi des sommets valaisans.

Pour en revenir à la musique, composez-vous beaucoup?
– J’essaie le plus possible au gré des concerts et des tournées, en aménagement au mieux mon temps. Car composer est un véritable besoin.

Quelles sont vos influences?
– Je m’inspire de tout ce que j’ai écouté. Disons principalement le baroque italien, avec notamment Monteverdi, aussi Schumann, Beethoven et Thom Yorke, le leader de Radiohead.

Après Les Diablerets, où pourra-t-on vous entendre et sous quel format?
– Dans le cadre du grand programme de l’exposition «Regarder le glacier s’en aller». Je jouerai ce samedi à 19h avec la danseuse Nicole Morel, à l’usine de Chandoline à Sion.

 

Plus d’infos: vod.fifad.ch/film/cine-concerts-sara-oswald-et-robin-girod/

Festival international du film alpin des Diablerets, jusqu’à samedi.

Une belle promesse

Outre Sara Oswald, un autre régional de l’étape sera au programme de ce jeudi. Photographe âgé de 30 ans et résidant à Château-d’Œx, Dylan Nicolier voit le FIFAD projeter son tout premier documentaire à 13h30. «Ma promesse» est un voyage dit transformationnel d’un jeune homme qui, «après être arrivé à l’épuisement et touché par une profonde dépression, décide de tout quitter pour entreprendre un périple glacial à travers les pays nordiques.» Ce voyage initiatique et la montagne réparatrice vont permettre à Dylan de se redécouvrir, s’accepter et se reconstruire.

GALERIE