
Les visiteurs découvrent les six panneaux qui racontent la vie du visionnaire Jean de Charpentier. | C. Sostizzo – Salines Suisses
En attendant le train des mineurs qui les conduira dans les galeries ou en ressortant d’une excursion rafraîchissante, les visiteurs sont invités à découvrir l’une des personnalités les plus éminentes des Mines de Sel de Bex. Directeur entre 1813 et 1855 et scientifique visionnaire, Jean de Charpentier a contribué à la renommée et au succès économique des Mines de Bex.
Un parcours en libre accès et réalisable en une quinzaine de minutes retrace ainsi la vie de cet homme originaire de Saxe (Allemagne). Six panneaux explicatifs placés à l’extérieur des mines, dans et autour du bâtiment du contremaître dressent le portrait de celui qui est devenu avec les années «un enfant de Bex».
Cette première exposition organisée par la Fondation des Mines de Sel de Bex repose sur le travail minutieux de l’historien Walter Thut qui a recherché et analysé des centaines de documents d’archives à cette fin ces deux dernières années.
Des avancées notables
«Jean de Charpentier est un personnage qui a marqué le Chablais vaudois. Ce spécialiste en géologie de nature curieuse et disciplinée est le directeur qui est resté le plus longtemps à la tête de ces Mines», précise Walter Thut. Il aura occupé ses fonctions pendant plus de 40 ans, jusqu’à sa mort en 1855.
Sa connaissance de l’eau salée et des roches issues de ses différentes expériences comme ingénieur des mines en Silésie (actuellement entre la Pologne, la Tchéquie et l’Allemagne) puis dans les Pyrénées françaises a fait de lui le candidat idéal pour la reprise de la direction des Mines de Bex qui périclitaient au début du XIXe siècle. Son ancien compagnon d’études et futur fonctionnaire de l’État vaudois Charles Lardy fit alors appel à lui.
De Charpentier donnera un vrai coup de fouet à l’exploitation. Sous ses ordres, la galerie du Bouillet – celle encore utilisée par le train des mineurs aujourd’hui – finira d’être percée. Il réorganisera également la production en introduisant la technique du lessivage de la roche en 1823. Cette technique permet d’augmenter la salinité de la saumure directement dans la montagne, sans passer par les bâtiments de graduation. «Il a ainsi amélioré de manière significative le rendement des Mines. Elles sont alors passées d’une production annuelle de 1’300 tonnes à plus de 4’500!», ajoute l’historien. Jean de Charpentier acquit par la suite son titre non officiel de «sauveur des Mines».
Le long de cette exposition, les visiteurs pourront également en apprendre davantage sur les autres passions du scientifique: la glaciologie, la botanique, et plus surprenant, la malacologie, à savoir l’étude des mollusques. De Charpentier disposait d’une collection de plus de 37’000 pièces. Pour le reste, le rendez-vous est donné directement sur place, sur le site du Bouillet.
Plus d’infos: www.mines.ch
Cette exposition s’intègre dans la volonté de développement des Mines, à la fois par Salines Suisses et par la Fondation des Mines de Sel de Bex – dont le rôle est de préserver et d’informer sur ce patrimoine.
«Nous allons investir massivement ces trois prochaines années. À commencer par l’intérieur des Mines avec plus de 20 mios de francs», relève Andreas Baud, membre de la direction de Salines Suisses. Un plan partiel d’affectation sera aussi déposé prochainement auprès de la Commune de Bex, afin de faire évoluer le site. Une nouvelle scénographie devrait également être mise en place pour l’été prochain.
«Nous voulons placer les Mines de Sel de Bex sur la carte de la Suisse, ajoute Andreas Baud. Notre objectif est de devenir un site phare au niveau touristique pour les 45 prochaines années.» Le membre de la direction explique aussi vouloir guider les visiteurs tout au long de leur expédition. «L’idée à l’avenir serait de commencer la visite dès la gare de Bex, où ils pourraient déjà toucher une roche qui comporte des sels minéraux. Ils seraient ensuite menés jusqu’à nos Mines pour découvrir le chemin complet de l’extraction du sel.»
Le Chalet bernois attenant aux Mines sera, lui, valorisé. «Nous souhaitons l’assainir dès le printemps 2025 afin de le transformer en véritable maison de la Fondation», se réjouit son président, Giancarlo Ombelli. Ici aussi, une demande de permis de construire va être déposée prochainement.
