La Riviera et le Chablais s’invitent à la Maison suisse

À vos marques, prêt, partez à la Maison suisse! | C. Boillat

Jeux olympiques
Les jardins de l’ambassade font le plein tous les jours. Entre retransmissions, rencontres, concerts, agapes, tout le monde est cordialement invité. Reportage en plein cœur de Paris.

Alors qu’une chaleur intense s’abat sur la ville lumière, la Maison suisse constitue un véritable îlot de fraîcheur. Elle est située dans les jardins de l’Ambassade, à A 100 m des Invalides, soit dans le calme et très chic du 7e arrondissement. Et encore mieux, sans QR Code pour y accéder.
Berne a voulu offrir un endroit convivial, surtout ouvert à tous et célébrant les liens historiques de famille et d’amitié avec la France. Tout le monde est convié, Suisse ou pas, aucun papier d’identité n’y est demandé. Toutefois, comme dans un aéroport, les sacs sont contrôlés. Le personnel est souriant, détendu, bienveillant.
Des grillades sont en cours au bout d’une piste en tartan reconstituée. Des cris fusent du grand espace couvert, qui s’étend sur deux niveaux. Des cloches tintent. Deux écrans géants diffusent les épreuves olympiques en cours. Là, la paire féminine suisse de beach-volley vient de claquer un point. Des dizaines de transat sont à disposition, d’autres dans un coin plus calme et à l’abri du fort soleil.

«Rafraichissant»
«C’est vraiment rafraîchissant. À tous points de vue. C’est la première fois que je viens depuis que je suis installé à Paris. Et j’ai déjà rencontré plein de gens que je connais», lance Laurent Vouilloz. Le Corsalin est l’un des entraîneurs du Montreusien Adrien Briffod. Quelques heures plus tôt, l’organisation a annoncé le report du triathlon messieurs.
Coach principal d’Adrien, le Boéland Alain Schmutz, vient pour la deuxième fois. «La première c’était pour la cérémonie d’ouverture. On croise beaucoup d’anciens sportifs, c’est assez sympa.» Passent les anciens triathlètes Othmar Brügger, Mélanie Annaheim, qui fut championne d’Europe par équipes et entraînée par la Chorgue Magali Di Marco, aussi Sibylle Matter, qui a participé aux JO de Sydney.
Devant l’écran, le consultant et ancien champion cycliste, le Moudonnois Daniel Atienza, apprécie le spectacle. Trois jours avant sa retentissante médaille de bronze, Zoé Claessens fait une apparition autant remarquée qu’éclair. La licenciée du club d’Echichens, formée au Centre Mondial du Cyclisme, est presque aussi rapide que sur son BMX.

En mode fondue
La Maison suisse, outre des grillades, propose divers plats, accompagnés de très bons crus ou de limonades. Côté dessert, on se régale avec des gâteaux et autres leckerli. Alors que le match de beach est fini, un chanteur-harmoniciste-guitariste folk prend le relais. De partout, on peut voir l’exposition «Vaud-o-rama» réalisée par l’École cantonale d’arts de Lausanne (ECAL). Soit des images projetées reflétant les valeurs vaudoises de tradition et d’innovation.
Robin, de Gryon, vient d’installer un petit fanion Liberté et Patrie. «C’est super reposant ici. Surtout qu’avec mes potes, on vient de se taper 15 km dans Paris. C’est très beau et les gens sont chaleureux. C’est la première fois que je débarque dans la capitale. Je m’en souviendrai.»
Valentin et sa bande aussi. «Mon compteur indique 19’000 pas. On a été partout: Tour Eiffel, Arc de Triomphe, Louvre, Notre-Dame et même Montmartre.» Le Chardonneret et ses amis récupèrent, alors que leur périple s’est conclu avec brio dans une brasserie typiquement parisienne, avec force entrecôtes et flacons de Bordeaux.
Lionel, un des organisateurs du voyage en bus qui comptait 80 amis de Briffod, rend un hommage particulier et très fort à la Suisse. Le Leysenoud sort de son sac caquelon, pain, ail, bouteille de blanc et 4 kilos de fondue. Ambiance assurée. Des Alémaniques, fans de l’autre triathlète sélectionné, Max Studer, se marrent. Hop Schweiz!
À deux pas, Quentin, le binôme organisateur de Lionel sur l’opération commando «Virage Briffod», descend une «binche». «Ils sont trop sympas ici. Quand ils ont entendu qu’on parlait français, ils ont switché de SRF à RTS», remarque le Veveysan qui a fait ses études à l’EPFL avec Adrien.
Autres jeunes de la Riviera et potes de Briffod, Pierre et Barbara vont rester un jour de plus. Le couple opte «pour une visite du Musée d’Orsay.» Plutôt bien joué alors que la température dépasse les 30 degrés et que l’institution muséale incontournable propose une rétrospective impressionniste et une expo sur l’Art et les Jeux olympiques.
On s’échappe finalement de la Maison suisse avec des Villeneuvois: Françoise, cousine du père d’Adrien, et son époux Christian, «bien détendus» par l’atmosphère des jardins de l’Ambassade. Avant de remonter dans le bus pour huit heures direction Vevey, un petit saut quand même sur les Champs-Elysées.
La Maison suisse est ouverte jusqu’à dimanche soir pour les JO. Pour les retardataires, elle reprendra du service entre le 27 août et le 8 septembre pour fêter dignement et tous ensemble les Jeux paralympiques de Paris 2024. Hop Suisse!

Le triathlète montreusien Adrien Briffod se dit «mitigé»

Adrien Briffod a connu les montagnes russes émotionnelles durant ses premiers Jeux olympiques, disputés la semaine dernière à Paris. «Je retiens principalement la satisfaction de m’être qualifié, la joie d’avoir participé, d’avoir vécu l’esprit olympique, la vie au village.» Le triathlète montreusien est moins enthousiaste quant à sa performance, seulement 49e, alors qu’il a empilé les bons résultats ces dernières années, comme une médaille de bronze aux Européens 2023. «Oui, je suis déçu. Les aléas de la natation ont plombé ma course. J’ai été coulé, aussi gêné par le courant à cause de ma mauvaise position née du tirage au sort. Ce fut la natation la plus violente de ces cinq dernières années.» Le triathlète est aussi amer de ne pas avoir été retenu par la fédération pour le relais, disputé ce lundi. Après avoir annoncé sa crise de gastro-entérite jeudi dernier, il a vu les instances lui préférer le remplaçant… de son remplaçant (malade aussi). «Pourtant, j’étais guéri. Je n’ai été malade qu’un jour et une nuit. J’ai avisé que j’étais bien et apte à prendre le départ.»>br>

Crédit photo: World Thriathlon

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