
«Ici, il y a tout pour bien faire. Un énorme parking, c’est proche de l’autoroute et de la gare et il y a du passage entre les Mines de Sel et le glacier des Diablerets», se réjouissent Mohamed Guesmia et Anthony Nicvert. | P. Genet
«Cœur de village en quête de boulangerie». En février dernier (voir édition 140), nous révélions les deux fermetures, coup sur coup, des deux enseignes principales de Bex – l’historique Confiserie Vernet à la place du Marché, longtemps menée par Christian Schmid, et Le Goût du pain, près du rond-point de la Colonne. «Une telle situation de vacance, ce n’est pas bon pour le cœur de la commune», déplorait alors le syndic bellerin Alberto Cherubini.
Un peu plus de six mois plus tard, et alors que le centre du village avait retrouvé un service boulanger par les grâces du comptoir mobile des «Pains sans peines» des Corbeyrians Valérie et Stéphane Baud, l’édile socialiste et ses administrés s’apprêtent à renouer en leur cité avec une «vraie» boulangerie – comprenez: avec des produits réalisés sur place. La nouvelle échoppe s’appellera French Bakery.
Le meilleur de la Suisse, le meilleur de la France
Le 25 août prochain, Anthony Nicvert (26 ans, Français d’origine bourguignonne), Mohamed Guesmia (39 ans, Franco-Australien d’origine algérienne) et leur équipe ouvriront en effet officiellement leur échoppe à la rue du Simplon 4, à l’ex-Goût du pain, en reprenant tout à la fois la boulangerie, le tea-room et le laboratoire exploités jusqu’en début d’année par Didier Rialland.
«Cette reprise est une très bonne chose, c’est une excellente nouvelle pour Bex, s’enthousiasme Alberto Cherubini. Ces boulangers ont un profil très intéressant, ils sont du métier et ils en veulent. J’ai vu des photos de ce qu’ils entendaient faire… et je peux vous dire que ça donne faim! Et puis la production du pain et des pâtisseries se fera donc sur place, et ça, à nos yeux, c’est très important.»
Et force est de constater que le projet mené par les deux associés est ambitieux. Pour faire court, ces boulangers ont pour vision de réunir «toutes les bonnes choses de la Suisse et toutes les bonnes choses de la France pour en faire un beau projet innovant». Anthony Nicvert annonce ainsi que cuchaule, pain tessinois et taillé aux greubons feront, entre autres, partie de leur gamme. «Et de la France, nous voulons amener la baguette traditionnelle et bien sûr le croissant (français) dans toute sa splendeur avec ce feuilletage pur où l’on sent vraiment le goût du beurre.» Un partenariat avec les boulangeries-confiseries Earlybeck, installées à Gstaad, est également au programme.
Des lingots d’or dans les galettes
Découverte sur Facebook, l’absence de boulangerie à Bex a marqué Mohamed Guesmia. «La boulangerie, c’est quelque chose d’universel, c’est un lieu de vie; le pain, c’est un lien essentiel que l’on partage.» Et pour ce qui est de mettre de la vie, le duo déborde d’idées en termes de marketing: démonstrations et dégustation de pâtés en croûte, service traiteur à base de produits locaux dès janvier prochain, maintien du marchand de poulet les dimanches, venue d’un «food truck» spécialisé dans les burgers, sont notamment prévus. «Nous allons aussi proposer un four à bois mobile où l’on cuira tresses et gougères (ndlr: pâtes à chou au fromage). Ce sera tous les dimanches et notre meunier sera là pour expliquer son travail.»
Décidés à recréer «une vraie attractivité autour de ce lieu», les deux boulangers prévoient également de faire l’événement pour le Jour de l’An en disséminant dans leurs galettes une dizaine de petits lingots d’or. «Bien sûr que tout cela est ambitieux. Mais c’est réalisable, parce que nous avons à ce jour déjà accompli le 70% de ce que nous voulions faire», souligne Anthony Nicvert. Un 70% qui comprend notamment une première série de travaux de réaménagement du lieu et de rééquipement du laboratoire. «Ces travaux se poursuivront à l’été 2025», annonce-t-il déjà.
Plus d’infos:
Journée d’inauguration de la boulangerie French Bakery, dimanche 25 août, 6h-18h30.
