
Les trikes étaient de sortie le week-end dernier au Bukolik. Cette sorte de gros tricycle est à la mode chez les riders. | C. Grandchamp
On est samedi matin tôt et Laurent, bientôt 50 ans, vient déjà de boucler l’une de ses premières descentes au Bukolik. Trois kilomètres à fond, du Vallon de Villard à Montreux, sur une route vertigineuse truffée de virages et le tout protégé par des matelas. Il l’a effectuée couché en arrière sur son drôle de vélo appelé Gravity Bike. «Des gens me disent: <t’es fou de faire ça à ton âge!> D’autres voudraient bien essayer», sourit-il harnaché et casqué.
Le Lausannois n’a pas raté une seule des 21 éditions du Bukolik. Friand de ride sur roulettes depuis tout jeune, il a commencé par le skate avant de passer, âge oblige, à ce vélo moins risqué. À peine a-t-il repris son souffle qu’il remonte en camion avec d’autres riders pour remettre ça. «En moyenne, durant les deux jours du Bukolik, j’enchaine une trentaine de descentes. Plus on en fait, plus on est heureux», glisse-t-il.
Pas d’âge pour dévaler la piste
Cette édition cuvée 2024 du Bukolik n’a pas été gâtée par la météo. Heureusement, avant le déluge de dimanche matin, la centaine de riders, venus des quatre coins de la Suisse, mais aussi de France, d’Italie et d’Allemagne, ont pu rider la veille, malgré l’humidité. Le speaker les a simplement incités à la prudence. «Faites gaffe, allez-y mollo, c’est mouillé.»
Au Bukolik, il n’y a ni chronomètre ni classement. Les riders sont juste là pour s’éclater entre copains. Au départ, retrouvailles obligent, on s’embrasse, on se tape sur l’épaule. «On se croise un peu partout lors de ce genre d’événements», sourit Lionel, un adepte du longboard. «On est comme une grande famille. En mode cool, on passe ici un week-end sans se prendre la tête.»
Des adolescents jusqu’aux quinquagénaires aux tempes grisonnantes, tous les âges sont représentés parmi ces mordus de glisse en majorité masculins. Haut comme trois pommes, tout fier avec son casque, Bastien, 4 ans et demi, doit être le benjamin du week-end. Il s’apprête à dévaler la pente sur un trike à deux places (une sorte de gros tricycle) avec Gaëtan, son papa, coach sportif à Evian.
Tout ce qui a des roulettes ou presque permet de s’éclater sur les pentes asphaltées: roller, skate, long board, trike, trottinette, sans oublier les luges, les F1 du milieu. Ses adeptes sont couchés en arrière, au ras du bitume, bras le long du corps, aérodynamisme oblige.
«On peut facilement dépasser les 100 km/heure avec une luge», assure Nicolas, l’un des organisateurs. Friand de ride, depuis l’enfance il a goûté à tous ces engins offrant des sensations différentes. «Le roller, ça ressemble à du ski, le long board évoque plutôt le surf, on tourne en posant les mains protégées par du plexiglas sur le bitume. En trike, plutôt que la vitesse, on s’amuse en tournoyant par exemple sur soi-même. Et en luge, on fonce!»
