
L’affaire des cyanobactéries dans le Léman à l’embouchure de la Grande-Eau remet, par association d’idées, un coup de projecteur sur une autre problématique, celle des pollutions aux PFAS, ces substances chimiques de synthèse produites dès les années 40 pour leurs propriétés hydrofuges, antigraisse et antisalissure.
L’automne dernier, une démarche citoyenne initiée par la HES-SO Valais-Wallis avait permis l’analyse de quelque 29 échantillons de sol et d’eau prélevés par des habitants du Chablais. Résultats: les quatorze échantillons prélevés dans les sols présentaient des niveaux de pollution compris entre 0,4 et 4 microgrammes par kilo. Des valeurs correspondant à celles mesurées au niveau suisse par la Confédération. «Il n’y a pas, dans ces résultats, des sols hautement contaminés», commentait en novembre dernier au «Nouvelliste» le toxicologue Davide Staedler.
Un forum très attendu
Les concentrations de ces per- et polyfluoroalkylées relevées dans les échantillons d’eau se montaient, elles, à des valeurs comprises entre 1 et 5 nanogrammes par litre pour huit d’entre eux. Mais surtout, les résultats concernant l’étang des Mangettes, toujours interdit à la pêche et à la baignade, montraient des concentrations «extrêmement élevées», juge Carole Morisod, qui souligne que «le Chablais valaisan est plus impacté que la moyenne cantonale» par ces micropolluants.
La présidente de Chablair avait organisé dans la foulée, fin janvier, une conférence de Murielle Bochud. Cette professeure de santé publique à l’Université de Lausanne et cheffe du département Epidémiologie et système de santé à Unisanté avait alors présenté les résultats d’une étude pilote suisse sur les polluants dans l’organisme réalisée sur quelque 789 personnes résidant dans les cantons de Vaud et Berne. Une étude qui vise, à terme, à convaincre le Conseil fédéral de la nécessité de produire un tel travail à l’échelle nationale.
Plus de six mois plus tard, qu’en est-il? Carole Morisod se rendra fin septembre à Lausanne à un forum sur les enjeux des pollutions aux PFAS pour les Communes et les professionnels de l’environnement organisé par l’Association romande pour la protection de l’environnement (ARPEA). «On a beaucoup de questions, on attend des réponses, annonce la présidente de Chablair. Quels sont les PFAS que l’on veut analyser au niveau national? Comment assainir? Cela va coûter extrêmement cher; qui va payer? Et il faudra rechercher les responsabilités…»
