
Emilie Progin ainsi que David et Marilou Vuadens vous accueillent encore durant une dizaine de jours à la Jardinerie de Saint-Triphon. | P. Genet
«On se montre ce que l’on fait, mais on ne s’influence pas.» Cet après-midi caniculaire de la fin août, Marilou Vuadens prévient: certes, la conception et le montage de l’exposition présentée jusqu’au 14 septembre à l’étage de la Jardinerie de Saint-Triphon résultent d’une réflexion commune, mais les liens qui unissent les trois artistes n’aura nullement dicté leurs cheminements respectifs. «Nos productions sont bien distinctes les unes des autres, mais restent liées par un thème: le cabinet de curiosités», détaille son fils David Vuadens, 24 ans.
C’est lui qui ouvre l’accrochage par une série de personnages étranges – faunes, satyres, poulpes, esprits de la forêt – et une collection d’œuvres représentant crânes, champignons et autres créatures contenues pour certaines dans des bocaux que l’on imagine de formol. Esquissées au crayon puis reprises sur ordinateur, les toiles, dont le papier est teint au café par l’artiste, relèvent d’une remarquable maîtrise stylistique et trahissent une connaissance approfondie du monde des contes et légendes. Le jeune homme, tout comme sa maman d’ailleurs, enseigne le dessin à l’école The Art of Gueguel, à Monthey. Un univers fantastique qui préfigure la réalisation d’une bande dessinée, projet colossal sur lequel il travaille activement et qui devrait voir le jour «d’ici un à deux ans».
Voir au-delà des apparences
Passé comme David Vuadens par l’École de bande dessinée et game art (EPAC) à Saxon, sa compagne Emilie Progin, 24 ans également, présente dans des formats variés et dans des cadres glanés çà et là, entre brocantes et magasins de seconde main, les planches d’un jeu de tarot fascinant, à mi-chemin entre l’univers manga et le film «Charlie et la chocolaterie».
«Je suis notamment inspirée par <American McGee’s>, la version américaine d’«Alice au pays des merveilles». J’aime bien ce mélange entre innocence et <dark> (ndlr: sombre)», explique la jeune femme, qui devrait sortir d’ici à l’été prochain le jeu de tarot tiré de ces œuvres. À noter qu’Emilie Progin réalise également des peluches fondées sur les personnages de ces toiles, et que ces réalisations faites main, actuellement en rupture de stock, se vendent jusqu’aux États-Unis et Hong Kong.
Retour à la Jardinerie de Saint-Triphon où, passant de l’autre côté des cimaises, on plonge dans l’univers tantôt rassurant tantôt intrigant des aquarelles de Marilou Vuadens, entre scarabées, baleines et champignons, paysages de lacs, d’étangs et de montagnes. Une montagne que la Vouvryenne préfère «dans le brouillard, sous la neige, battue par les vents froids» et qui vient clore un triptyque passionnant et invite à voir au-delà des apparences.
Exposition à voir jusqu’au 14 septembre, aux heures d’ouverture de la Jardinerie.
Emilie Progin et David Vuadens exposeront également les 26 et 27 octobre au collège de Saint-Maurice dans le cadre du salon Destination Tokyo.
