
La zone sportive des Verchy fait débat à Ollon. Verdict attendu à la fin du mois de septembre. | M. -L. Dumauthioz – 24 heures
Comme toute bonne campagne de votation, celle sur les terrains de sport des Verchy, à Ollon, connaît son lot d’échanges plus ou moins cordiaux et d’accusations mutuelles de «fake news».
D’un côté, les défenseurs du projet municipal, voté de justesse par le Conseil communal en mars (voir édition 145, 13 mars) et qui prévoit des infrastructures renouvelées, plus un deuxième terrain de foot en lieu et place de l’anneau d’athlétisme. De l’autre, les contre, menés par le comité référendaire qui a obtenu la votation à venir du 22 septembre en réunissant près de 1’800 signatures.
Le municipal Nicolas Croci-Torti, qui sait marcher sur des œufs dans la mesure où les autorités ne peuvent faire campagne, s’en tient à quelques données factuelles. «Sur les 4,1 millions, le nouveau terrain synthétique et son éclairage en prendront 2,1. Le reste concerne le terrain de beachvolley, la zone de lancer du poids, les voies de circulation intérieures à la zone, la rénovation de la piste finlandaise, l’amélioration de l’accessibilité et la pose d’un éclairage LED pour le terrain actuel.» Le terrain multisports, vétuste, sera aussi remis à neuf via un crédit compris dans l’enveloppe du nouveau collège.
«Convention bafouée»
Comme quasi tout le monde, Sylvain Vauthier, riverain du terrain de football, ne nie pas qu’un deuxième terrain est devenu indispensable au CS Ollon, plus grosse association sportive de la commune. «Mais pas sans discussion avec tous les acteurs concernés», avertit celui qui est opposé à un deuxième terrain en synthétique «qui permettrait d’augmenter significativement le nombre de matches et donc les nuisances».
Pour lui, ladite discussion devra porter sur la convention qui lie depuis plus de dix ans la Commune à un certain nombre de riverains. «Elle est complètement bafouée», lance-t-il en évoquant les mails réguliers qu’il a envoyés aux autorités concernant les matches en semaine, les horaires régulièrement dépassés et «des pointes à 68 décibels». «Les juniors doivent pouvoir jouer, mais dans le respect de tous!»
Léonard Luisier, un membre du comité référendaire, dit pour sa part «ne pas comprendre les priorités de la Municipalité». «Elle veut investir une telle somme pour un seul club sportif, aux dépens de la population d’Ollon et de l’école publique dont certains élèves sont encore dans des conteneurs.
Par ailleurs, l’objet sur lequel nous sommes appelés à voter est bien la construction d’un terrain synthétique avec des coûts inhérents aux destructions qu’il va entraîner.» Sa compagne Malena Sardi surenchérit: «La facture des coûts générés sera tellement élevée qu’il faut recourir à une location privée à Aiglon College, c’est paradoxal.» La Commune a en effet vu dans la location de certains créneaux horaires la solution pour couvrir une partie de l’investissement.
Club de foot «pris en otage»
Pour Michael Plaschy, responsable du mouvement junior du CS Ollon, le respect de la convention et des besoins des sportifs passe justement par la construction d’un deuxième terrain. Selon lui, le club est pris en otage, d’autant que les dépassements ne seraient pas imputables seulement aux activités du foot. «Avec un nombre de juniors qui a passé de 130 à 220 en quelques années, nos besoins sont avérés et reconnus. Tous les clubs de notre taille ont au moins deux terrains à onze joueurs.»
La situation s’est péjorée ces derniers mois. «Nous avions des accords avec Aigle et Yvorne pour utiliser leurs terrains, mais eux aussi sont serrés. Rien qu’en mars-avril, avec le mauvais temps, nous avons dû annuler trois semaines d’entraînement pour préserver le terrain actuel, ce qui nous a contraints à reporter des matches en semaine.»
À l’entendre, la situation tourne carrément au crève-cœur. «On commence à avoir une offre dégradée et à se demander si on ne devrait pas réduire certaines équipes, ce qui équivaudrait à manquer à notre mission d’intégration.»
Les citoyens boyards ont encore quelques jours pour forger leur opinion. Le comité référendaire renvoie vers sa page Facebook, Nicolas Croci-Torti au préavis du projet sur le site de la Commune.
