Huit adolescents se lancent le défi de créer une bande dessinée

Première rencontre à l’auberge de la Cergniaulaz pour les huit participants à l’atelier de création de bandes dessinées. Ils sont encadrés par le bédéaste Kevin Crelerot (au centre), Lisa Stucki et Orianne Weber, les patronnes de la Cergniaulaz (à droite de Kevin Crelerot) ainsi que Sophie Aubort, fondatrice du Festival Auteur-e-s en hauteur (à droite).  | J. Collet

Les Avants
Âgés de 11 à 18 ans, ils ont jusqu’en avril 2025 pour donner forme à un récit autour de la saison d’alpage. Reportage à l’occasion du premier atelier.

De l’alpage, les huit participants à l’atelier de création de bande dessinée n’en n’auront presque rien vu ce lundi soir 9 septembre. Au-dessus des Avants, une épaisse brume entoure l’auberge de la Cergniaulaz.

C’est pourtant le thème qu’ils vont devoir s’approprier à raison d’une rencontre chaque premier lundi du mois de 18h à 20h, jusqu’en avril 2025. Sept dates en tout pour interpréter librement «la saison d’alpage» – inscrite depuis décembre 2023 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO – et donner vie à un récit.

Encadrement professionnel

Sur un tableau noir, le bédéaste Kevin Crelerot, alias Krel, écrit les mots que les jeunes lui soufflent. «Un mot en appelle un autre, un fil se crée et cela permet de débloquer des idées», guide l’encadrant. L’objectif de ce premier cours est de définir les contours du personnage principal
de chacun.

«A-t-il des défauts? Des qualités? Des particularités qui le rendent unique? Quelle est son histoire?», interroge le dessinateur et enseignant à Ceruleum, tandis que les quatre filles et quatre garçons s’installent à une grande table. Âgés de 11 à 18 ans, c’est dans un silence studieux, emprunt de timidité, qu’ils tracent les premiers traits d’une longue aventure. «Restez simples, car vous allez dessiner et redessiner votre personnage», conseille Kevin Crelerot.

La motivation comme moteur

Manon, 13 ans, croque ce qui ressemble à une peluche de lapin. «Je me suis inspirée de tous mes animaux de compagnie, c’est-à-dire, mes trois chats et mon lapin. Chacun a ses particularités. Mon lapin a une sorte de petite crinière par exemple», décrit la jeune fille. Ce curieux animal, éclos d’un œuf, est accompagné d’un escargot nommé Turbo.

Tout comme certains des participants à l’atelier, l’adolescente s’est inscrite, car elle souhaitait découvrir le domaine de la bande dessinée. D’autres témoignent du besoin d’avoir un cadre pour pratiquer et progresser. Aucun niveau de dessin n’était requis. Seule la motivation compte.

En dehors du thème, chacun est libre d’explorer le style de dessin et de narration qu’il souhaite. Du matériel est disponible sur place et leur offre la possibilité de s’essayer à des techniques qu’ils ne connaissent peut-être pas. Pour cette session, le crayon gris était de mise.

Alors que leurs personnages prennent forme, des liens discrets commencent à se créer au sein du groupe. Certains, originaires de la région, se connaissent de vue tandis que d’autres se rencontrent pour la première fois.  

Ambiance intimiste

L’atmosphère se réchauffe grâce à la soupe concoctée par Lisa Stucki et Orianne Weber, les patronnes de la Cergniaulaz et férues de bandes dessinées. Lors de chaque atelier, un repas est prévu spécialement pour l’occasion. Ce moment de pause permet à tous de sortir de leur bulle de concentration pour discuter de leurs idées pour la bande dessinée ou de la rentrée scolaire.  

En conclusion de ce premier cours, tous ont présenté leurs recherches. Ici, un homme monte à l’alpage pour suivre une cure. Épris des hauteurs, il finit par se transformer en chèvre. Là, un ancien robot ménager s’est reconverti en berger et déteste les chèvres, car elles attaquent les moutons avec leurs cornes. Déjà, les prémices d’une certaine complicité s’esquissent en filigrane.

Entre les sessions, les jeunes auront le temps de réfléchir et de poursuivre, à l’envi, le travail sur leurs bandes dessinées depuis chez eux. «L’objectif, c’est qu’ils aient une ou plusieurs planches à présenter au public le samedi 3 mai, lors de l’ouverture de la 3e édition du Festival littéraire Auteur-e-s en hauteur au Vallon de Villard», indique Sophie Aubort, fondatrice de l’événement et instigatrice de l’atelier. 

«Notre but à tous, c’est d’accompagner au mieux ces jeunes et leurs projets. Nous les encourageons aussi à sortir des sentiers battus. L’idée, c’est aussi qu’ils puissent profiter du cadre extérieur pour se ressourcer, s’inspirer, explorer.»

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