Vevey, passé si près d’un bel exploit

Les Vaudois ont tout tenté face au grand YB. Ce match de gala a tenu ses promesses.  |  A. Capel

Football
Samedi, les joueurs de Jean-Philippe Lebeau se sont inclinés de justesse face à Young Boys en 16e de finale de la Coupe suisse. Malgré la défaite 2-4, le stade de Copet était en fusion.

Le week-end dernier, Vevey, sans le moindre complexe, a frôlé un exploit historique en 16e de finale de Coupe face à YB. Menés 2-0 à la mi-temps, les Vaudois ont réussi à revenir à égalité avant de s’incliner de justesse en fin de match (2-4). Cette performance magnifique, devant un stade en transe, ils l’ont réussie grâce à leur talent, mais surtout à leur mentalité de gagneurs, insufflée par leur entraîneur Jean-Philippe Lebeau.

À la fin du match, c’est la déception qui l’emportait sur la fierté d’avoir tenu tête au multiple champion suisse, ce qui témoigne bien de cet état d’esprit. «On a toujours cru que c’était possible. On voulait créer cet exploit. J’ai pris quatre buts ce soir et je ne peux pas être content. Cette saison, nous sommes sûrs de nos forces», relevait, inconsolable, le gardien et capitaine Nicolas Grivot, leader emblématique qui, comme d’habitude, n’a cessé, tout au long du match, de galvaniser ses coéquipiers. S’en prenant sur le terrain à l’entraîneur bernois Patrick Rahmen, il fulminait contre ce qui fut, à ses yeux, un manque de fair-play de YB en fin de match. «Un défenseur a délibérément  perdu du temps sur une touche. Après le 3-2, le 39  (ndlr: Darian Males) m’a lancé: <Tu vois, on vous a niqués.> Des joueurs de ce niveau n’ont pas besoin de faire cela…»

Jean-Philippe Lebeau, l’entraîneur, nourrissait lui aussi des regrets mêlés d’amertume. «Certains nous prédisaient 90 minutes à courir après le ballon. Finalement, c’est nous qui avons le plus d’occasions. Tous les matches, même celui-ci, on les joue pour les gagner.» 

Du répondant sur le terrain

Devant un stade plein avec 3’300 spectateurs, la fête a été belle à Copet, rappelant les épopées de LNA dans les années 80. Tout le match, les spectateurs des tribunes ont déployé les drapeaux aux couleurs de Vevey qu’ils ont trouvés sur leur siège. En face, les quelque 800 ultras de l’Ostkurve de YB, tout en jaune et noir, n’ont cessé de chanter, dans une ambiance bon enfant. Arrivés une heure en avance sur l’horaire avec leur train spécial, ils en ont profité pour aller se balader au centre-ville sans créer le moindre incident. Présente en nombre, la police débonnaire n’a rien eu à faire ou presque. Tout Vevey-Sports avait été mobilisé: les juniors A mués en stadiers d’un jour, les B en ramasseurs de balle.

Durant les 20 premières minutes, on s’est demandé laquelle des deux équipes s’apprêtait à disputer la Champions League, car c’est Vevey qui s’est créé les trois premières occasions ratées d’un rien par Baddy Dega, Rolling et Mobulu. Trop stéréotypé, lent, le jeu des Bernois manquait de surprise, ce qui explique peut-être leur début de championnat compliqué en Super League. Mais deux seules occasions à la 28e et la 32e leur ont suffi pour prendre le large, par Virginius et Itten, l’efficacité clinique du haut niveau. On pensait l’affaire pliée, mais c’est mal connaître le Vevey actuel.

Le doublé de l’espoir

Que s’est-il donc passé dans le vestiaire à la mi-temps pour que l’équipe rebondisse à ce point? «J’ai simplement dit à mes gars: <Continuez, ça va tourner.>. Tant que je serai en place, mon équipe ne baissera jamais les bras», raconte le coach Lebeau. Et Nicolas Grivot d’ajouter: «On s’est tous regardés les yeux dans les yeux en se disant: <en face il y a 11 mecs qui sont faits comme nous. On va revenir>.»

Résultat, deux buts en une vingtaine de minutes signés Ilies Chaibi, l’avant-centre arrivé de Thonon cette saison. Un dribble génial sur le gardien von Ballmoos à la 52e profitant d’une belle ouverture, puis une reprise spontanée sur un tir renvoyé par le poteau, et Vevey, dans un stade en fusion, était revenu à la hauteur de son prestigieux adversaire. Dans les cordes, YB a pourtant réussi à porter l’estocade dans les dix dernières minutes. Un soulagement de toute évidence pour les Bernois qui ont alors fêté leur victoire avec leurs supporters comme s’il s’agissait d’une Coupe d’Europe, le plus bel hommage rendu aux Veveysans. Capitaine de YB, Loris Benito leur tressait des lauriers. «On savait
à quoi s’attendre et on n’a pas
été étonnés. Vevey a réussi de super débuts en Promotion League et cette équipe nous a posé beaucoup de problèmes, même si nous n’avons jamais paniqué.»

Hier soir, Young Boys entamait sa phase de groupe en Champions League contre Aston Villa au Wankdorf avant d’aller se frotter au Barça. De son côté, Vevey reprend son championnat ce mercredi à Cham, avant d’affronter Bavois à domicile samedi. Deux mondes si différents, mais qui n’ont jamais parus si proches ce week-end.