Alix De Micheli – «J’ai commencé à m’affirmer de plus en plus»

Alix De Micheli prend de l’ampleur au NUC. Elle s’apprête à jouer sa cinquième saison à la Riveraine. Sa coach Lauren Bertolacci l’a nommée capitaine, décelant chez elle d’importantes qualités de leadership.  | M. Bühler

Volleyball
Internationale suisse, trois fois titrée en 2024, la Veveysanne Alix De Micheli vient d’être nommée capitaine du Neuchâtel Université Club pour la nouvelle saison qui débutera fin septembre. Avec une nouvelle aventure en Coupe d’Europe au programme.

Née à Vevey, Alix De Micheli (22 ans) y a vécu jusqu’à ses 11 ans, avant de déménager à Chexbres. Fille de parents volleyeurs, Michelle et Philippe (le grand-papa, Francis l’était aussi), elle étudie au gymnase à Lausanne avant de rejoindre Neuchâtel à 18 ans, en 2020. À l’université, ce sera d’abord médecine, avant de bifurquer sur sociologie et littérature anglaise, un cursus de bachelor qu’elle termine actuellement. Sa maman est d’origine anglophone, ayant vécu au Zimbabwe jusqu’à ses 7 ans.

Alix vit une année 2024 de rêve. Avec le Neuchâtel Université Club (NUC), elle a participé à une finale de Coupe d’Europe, et remporté le triplé Championnat – Coupe – Supercoupe. La joueuse de 182 cm a aussi pris part aux éliminatoires de l’Euro 2026 avec l’équipe de Suisse (dans le 6 de base). Dernière nouvelle, elle a été récemment nommée capitaine de la première équipe du NUC pour la saison à venir.

Alix, racontez-nous la Coupe d’Europe et ce parcours extraordinaire qui vous a emmenée la saison écoulée jusqu’à la finale contre Chieri.

– J’ai adoré disputer cette compétition où nous avons réussi exploits sur exploits. Notre plus grand succès, c’était contre les Allemandes de Dresde. Elles gagnent (3-2) à Neuchâtel et nous allons les battre (3-1) chez elles. Pour ces parties européennes, nous nous déplaçons en avion et nous arrivons la veille. Mais nous n’avons malheureusement pas eu le temps de visiter les villes, pas même Berlin quand nous étions à Dresde. À noter que cette expérience change du championnat. Dans ce dernier, nous sommes les favorites (ndlr: Neuchâtel a remporté les quatre derniers titres) alors qu’en Coupe d’Europe, nous ne sommes que des outsiders.

Et la finale, en direct à la TV et devant 2’500 spectateurs dans votre salle de la Riveraine?

– C’était fou, franchement nous aurions pu remplir les 7’000 places de la patinoire du Littoral. L’engouement était extraordinaire. Tout le monde voulait des places. Déjà en championnat, nous pouvons compter sur 1’000 à 1’500 spectateurs par match. Jouer devant autant de monde, ça a été une motivation pour moi, même quand le public était plutôt hostile, comme en Serbie.

En tant que championnes de Suisse, vous devriez disputer la Champions League (le plus haut niveau) et non la CEV Cup (le second niveau)…

– Oui nous aurions le droit, mais notre salle n’est pas aux normes, trop petite, et les amendes sont «monstrueuses». C’est uniquement pour des raisons budgétaires que nous ne sommes pas en Champions League. Nous jouerons à nouveau en CEV Cup cette saison et je me réjouis déjà (ndlr: dispensé du 1er tour, le NUC jouera fin novembre contre une équipe polonaise, Radow, ou tchèque, Liberec).

Quelle a été l’évolution de votre rôle avec Neuchâtel et avec l’équipe nationale ces deux dernières saisons?

– De 2021 à 2023, j’ai commencé à m’affirmer de plus en plus et c’est la saison passée que j’ai obtenu le plus de temps de jeu avec environ 50% de présence dans le 6 de base. Avec la Suisse, j’ai commencé comme 4e centrale puis 3e pour me retrouver dans le 6 de base dans les qualifications pour l’Euro 2026. C’était au mois d’août. Nous sommes dans un groupe de trois nations et nous avons gagné en Finlande, puis perdu en Suisse contre l’Allemagne. Le 1er est qualifié, ainsi que les cinq meilleurs deuxièmes. Les prochains matches n’auront lieu qu’en août 2025.

Jouer à l’étranger, cela vous tenterait?

– L’Italie et la Turquie proposent les meilleurs championnats. Bien sûr que ça me plairait, mais cela me paraît quasiment impossible. Cela va vous sembler étonnant, mais 182 cm c’est un peu petit à mon poste de centre, avec beaucoup de «blocks» à faire.

Votre taille justement, vous a-t-elle un peu complexée plus jeune… comme cela arrive parfois?

– Absolument pas, je crois que j’ai toujours été grande et fière de l’être. Jamais cela ne m’a dérangée.

Comment s’est passée votre adaptation à Neuchâtel?

– Je vis en colocation avec ma coéquipière Fabiana Mottis et cela marche très bien. J’aime aussi beaucoup la ville. Je crois que mon seul besoin est d’habiter près d’un lac. En venant à Neuchâtel, je me suis tout de suite sentie bien. Avec le volley et les cours, je n’ai pas trop le temps pour des hobbys, mais j’ai trouvé mon rythme.

Et donc, vous voilà capitaine. Avec encore davantage de temps de jeu?

– Pour le temps de jeu, rien ne me sera donné et il y aura toujours autant de concurrence, dont une nouvelle étrangère, canadienne. Quant à mon rôle de capitaine, je le vois d’abord dans un rôle fédérateur et pour faire le lien entre le staff et l’équipe. Être capitaine ne me garantit pas d’être dans le 6 de base.

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