
Inquiets, les supporters veveysans doivent prendre leur mal en patience pour savoir d’où repartira leur équipe de cœur la saison prochaine. | E. Di Lello
On prend les mêmes et on recommence. Si le BBC Monthey-Chablais et le Vevey Riviera Basket se sont montrés compétitifs lors de l’exercice 2023-2024, avec respectivement une cinquième et une troisième place en saison régulière, leur situation financière à l’intersaison réveille de vieux démons. Au cours de l’été, deux communiqués alarmants ont été publiés coup sur coup sur les réseaux sociaux, dans lesquels les équipes voisines révèlent accuser d’importants déficits budgétaires. Bien qu’il lui reste des dettes à absorber, le BBC Monthey a obtenu sa licence pour évoluer en SB League lors de la saison à venir, tandis que le VRB s’est vu refuser le sésame pour continuer à progresser au plus haut échelon national.
200’000 francs de dette
Au cœur de l’énième tourmente entre Swiss Basketball et l’équipe de la Riviera, le président veveysan Nathan Zana dénonce le manque de soutien de la fédération vis-à-vis des clubs de l’élite. «L’ensemble des formations de SBL connaissent des difficultés financières actuellement, car le basket suisse ne possède pas de «produit» attractif et rentable! La situation n’est pas propre au VRB, puisque même les grosses écuries comme Fribourg Olympic et les Lions de Genève sont endettées, et c’est toujours aux mécènes de trouver les solutions pour colmater les trous chaque été», pondère le Franco-Israélien de 47 ans. Malgré une réorganisation opérée par le comité la saison dernière pour réduire la masse salariale, le Vevey Riviera Basket fait aujourd’hui face à un endettement d’environ 200’000 francs.
Quatre années de travail anéanties?
Pour rappel, le mythique club vaudois avait déjà été relégué en 1re ligue (3e division) en 2020 dans un contexte cocassement similaire. «Aujourd’hui, une conciliation est encadrée par le TAS entre notre club et la fédération et même si nous avons trouvé certaines garanties financières pour l’exercice à venir, Swiss Basketball persiste à dire que les délais ont été dépassés pour que la licence puisse nous être délivrée, explique Zana. Si Swiss Basketball n’accepte pas les solutions apportées par le club d’ici à demain (lundi), jeudi c’est le TAS qui devra prendre une décision finale, comme ça avait été le cas il y a quatre ans et ce sont autant d’années de travail qui pourraient être anéanties.»
En attendant de connaître leur sort, la quinzaine de joueurs composant le jeune effectif du coach Ivan Beram s’entraînent deux à trois fois par jour et sans un seul match de préparation depuis plus d’un mois. Au terme d’une saison historique pour les Veveysans, qui ont déjoué les pronostics en terminant sur le podium du championnat pour la première fois au XXIe siècle – en plus d’avoir disputé une finale de SBL Cup, ainsi qu’une demi-finale de Coupe de Suisse – une chute de deux échelons représenterait un nouveau désastre sportif.
Les défis d’un nouveau président
Du côté du Chablais, l’environnement paraît désormais un peu plus paisible que sur les rives du Léman, bien que la situation n’ait pas toujours été au beau fixe durant la pause estivale. Claude Pottier, successeur de Laurent Duchoud à la présidence du BBC Monthey-Chablais, a lui aussi hérité de quelques brèches dans les finances de son club de cœur. «La dette s’élevait initialement à 133’000 francs cumulés sur les trois dernières saisons, avec un déficit de 44’000 francs sur la période 2023-2024. Cela est en grosse partie dû au retrait de certains sponsors historiques et si l’on ne trouve pas de nouveaux partenaires privés ou publics d’ici à cet hiver, on devra peut-être envisager des mesures d’économies pour ne pas rajouter de dettes supplémentaires.»
Contraints à lancer un appel aux dons au cours du mois de juillet, les pensionnaires du Reposieux ont néanmoins assuré leur place dans l’élite, sous conditions. Comme son homologue veveysan, Pottier pointe du doigt un manquement de la part de Swiss Basketball dans l’accompagnement des clubs. «Nombre des meilleurs joueurs du pays sont issus de notre mouvement jeunesse, tandis que la politique de la fédération en termes de formation se concentre surtout sur le développement des centres de formation comme le Centre National du Basketball Suisse et la Fribourg Académie. Cependant, force est de constater que les résultats ne sont pas là. Les investissements devraient selon moi être plus équilibrés pour encourager les mouvements juniors des clubs, qui font énormément pour la formation à l’échelle nationale.»
Faire progresser les jeunes
Au cours de la présaison, la formation entraînée pour la deuxième année consécutive par le Grec Chris Chougaz a pu se frotter à une équipe de 1re division italienne et quatre concurrents de SBL, pour un bilan de trois défaites, une victoire et un match conclu sur une égalité. Avec le départ de leurs trois joueurs étrangers, les Sangliers ont ajouté à l’épine dorsale de la saison dernière composée de Le Sann, Muhr, Sjöberg, Merz et Pottier d’autres jeunes talents comme l’ailier originaire de Choëx Gaël Barman, en provenance d’Antibes (Pro B Espoirs) et un meneur de 19 ans issu du CNBS, Nilan Rungasamy. Ajoutant à cela la signature de quatre Américains et du sniper veveysan Brendan Favre, les objectifs du BBC Monthey sont bien définis pour son président. «Nous visons la quatrième position en championnat et espérons disputer au moins une finale, de SBL Cup ou de Coupe Suisse, et faire progresser nos jeunes joueurs suisses.»
