Le dialogue comme remède au quartier de la Planchette

Les partenaires de la sécurité sont allés samedi à la rencontre de la population de la Planchette.  | C. Haas

Aigle
Samedi, une rencontre entre citoyens et partenaires sécuritaires s’est déroulée pour favoriser le dialogue au cœur d’un quartier à l’image écornée. «Du passé», selon les acteurs sur place.

Un véhicule accidenté, bloqué par la chute d’un arbre. Une victime prise au piège. La mise en scène avait tout d’une vraie intervention. Policiers, pompiers, ambulanciers et protection civile se sont livrés samedi à une démonstration commune. Une immersion en conditions réelles à laquelle ont assisté quelques curieux. 

Loin des échauffourées dont le quartier a trop souvent été le théâtre, les forces de l’ordre étaient réunies samedi pour un moment de partage avec la population. L’objectif? Présenter les services de secours tout en pérennisant l’échange avec les citoyens.

Une intervention grandeur nature 

11h30, les sirènes viennent troubler le calme de cette journée ensoleillée. Aux fenêtres des immeubles alentour, certains habitants observent intrigués l’arrivée d’une patrouille de police. «On va aussi voir l’ambulance papa?», interroge un jeune garçon, tandis qu’une petite fille s’exclame: «Oh! J’entends les pimpons.» 

Sécurisation du périmètre, soins apportés à la victime, premiers éléments d’enquête: les équipes ont travaillé dans les règles de l’art, suivant le scénario bien rôdé d’un grave accident de la route, le tout accompagné d’explications distillées par des membres des forces de sécurité. Destiné à mettre en lumière la réalité du métier, cet exercice rappelait également l’importance de coopérer. L’intervention a pris fin sous les applaudissements des petits et grands.

«Moins de sollicitations policières»

La démonstration terminée, une table ronde réunissant les représentants de chaque groupe s’est tenue. L’occasion de revenir sur les défis propres au quartier multiculturel de la Planchette et de dresser un bilan des différentes mesures mises en place pour améliorer la sécurité des lieux. Task force jeunesse, création d’un terrain multisport, travail commun avec les associations, autant d’aménagements qui ont porté leurs fruits. 

Concrètement, cette amélioration se traduit par une diminution des sollicitations policières. «Il y a moins d’appels de riverains pour nuisances sonores ou bagarres, et donc moins d’interventions», expose Jérôme Meilland, commandant de la Police du Chablais vaudois (EPOC). 

Pour lui, cette évolution découle également du travail collaboratif réalisé par les différents partenaires. «La clé de voûte, c’est le service aux citoyens. Mais pour bien intervenir, il faut aussi connaître nos collègues et leurs missions.» Un travail d’équipe nécessaire face à des affaires délicates. 

Un climat qui évolue

La Planchette a connu des événements violents: rixes et affrontements avec les forces de l’ordre ont marqué l’histoire du quartier. «Durant une période, le quartier était stigmatisé. C’était devenu un lieu de rencontres pour des jeunes de la ville, provoquant un amalgame entre les adolescents de la Planchette et ceux à l’origine des troubles», explique Jérôme Meilland. Grâce aux dispositions prises, le calme semble être revenu. «J’y tiens, c’est un quartier où il fait bon vivre», sourit le commandant.

Même son de cloche du côté des associations. Et pour que cela perdure, l’échange demeure primordial. Pour Christian Ramel, de l’Association AMIS, «il est important de privilégier les espaces de partage, de se rencontrer sur le terrain». Et Cyril Zoller, président de l’Association pour la jeunesse Aiglonne (AJA), d’ajouter: «Il est nécessaire de se parler. C’est primordial pour les jeunes d’ici.»

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