L’histoire d’une passation de pouvoir au VS

La passation de pouvoir entre William von Stockalper et Cyril Cornu aura lieu officiellement le 1er janvier. Le Haut-Savoyard (sur la photo) sera le nouveau président du Vevey-Sports.  | DR

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À la surprise générale, William von Stockalper a décidé de quitter la présidence du Vevey-Sports lors de la dernière assemblée générale. C’est Cyril Cornu, un homme d’affaires très actif dans le sport, qui lui succède.

En douze ans de présidence, William von Stockalper a amené le Vevey-Sports là où il l’espérait. Après trois ascensions, l’équipe, malgré une lourde défaite ce week-end contre les M21 du FC Bâle (0-5), occupe une excellente 4e place en Promotion League, sa nouvelle catégorie de jeu. Pourtant, jeudi dernier lors de l’assemblée générale du club, le président a annoncé, de manière surprenante, qu’il quittait son poste. C’est Cyril Cornu, 52 ans, Haut-Savoyard à la tête de Five Sports Management – une société active dans le sport basée à Veytaux– qui lui succède.

Comment s’est déroulée cette passation de pouvoir que peu de monde attendait? William von Stockalper l’explique ouvertement. «Depuis deux ans, j’avais dit que la porte était ouverte. Cyril, dont l’un des deux fils joue avec les juniors A à Vevey, s’est montré intéressé. On s’est vus plusieurs fois ces derniers mois, il a rencontré les membres du comité et cela s’est passé tout naturellement. C’est un homme d’affaires indépendant et dynamique. Tout ce qu’il entreprend dans le monde du sport parle pour lui.»

Privilégier famille et travail 

Lors de l’assemblée générale, le désormais ex-président a déclaré qu’il voulait se concentrer davantage à l’avenir sur ses projets professionnels et sa famille. Ce qu’il nous confirme plus concrètement. «Il y a un an, je me suis séparé d’avec mon épouse, alors que nous étions mariés depuis 20 ans. J’ai deux filles de 11 et 14 ans qui depuis leur naissance ont dû voir 80% des matches du Vevey-Sports à domicile. Déjà dans leurs poussettes, elles étaient au stade. Le club est pour elles comme une deuxième famille. Dans les circonstances actuelles, je veux me recentrer sur mes filles alors que ces dernières années, j’ai consacré quelque 20 heures par semaine au football. Et j’ai aussi plusieurs sociétés dans le digital que je veux développer.» 

Existe-t-il un lien entre son retrait et la faillite du Festival Vibiscum, son autre bébé, survenue quelques jours plus tôt et qui a valu une avalanche de critiques? «Non, dément-il, ce sont deux événements qui n’ont strictement rien à voir.» Abonné aux projecteurs, il s’apprête donc à retourner dans l’anonymat, ce qui ne le touche nullement, assure-t-il. «Tout ce que j’ai fait, c’était bénévolement et pour le bien de la région. Jamais dans ma vie, je n’ai entrepris quelque chose pour être dans la lumière.»

Amener Vevey à l’échelon supérieur

Patron éclectique, Cyril Cornu a porté une multitude de casquettes dans le monde du sport. «En fait, je n’ai jamais travaillé dans un autre domaine», sourit-il. Préparateur physique, il s’est occupé de skieurs participant à la Coupe du monde de ski. Ancien joueur tennisman de bon niveau, il a aussi été l’entraîneur de plusieurs joueurs suisses bien connus, comme Stéphane Bohli, Michael Lammer, George Bastl et surtout Marc Rosset, lors de ses trois dernières saisons sur le circuit. 

Avec sa société Five Sports Management, fondée il y a dix ans, le Haut-Savoyard dirige quatre tournois ayant lieu en Romandie, dont deux à Verbier, l’un féminin, l’autre destiné aux espoirs. Basé d’abord en France voisine, il a déplacé ses bureaux à Fully en Valais, lorsque son fils a été transféré au FC Sion avant de s’installer à Veytaux, plus proche des centres de décision. Reprendre le Vevey-Sports constitue à ses yeux un «défi très alléchant, car tout est positif en ce moment dans le club. Quand j’ai appris que William voulait prendre du recul, j’ai tout de suite montré mon intérêt». Son intention à l’avenir est de miser davantage sur les jeunes de la région. «Dans ma carrière, j’ai beaucoup travaillé dans la formation. Vevey est idéalement placée au cœur d’une région qui regorge de talents. Jouer cette carte-là est le seul moyen de réussir à long terme. J’estime qu’aujourd’hui 20% des jeunes de la réserve ont le potentiel pour jouer avec la Une à l’avenir.»

Entre les deux hommes, la passation de pouvoir aura lieu officiellement le 1er janvier. William von Stockalper passera de président à président d’honneur, un rôle tout sauf décoratif à ses yeux. «Je vais continuer à m’investir concrètement dans ce qui restera à jamais le club de ma vie.» Le nouveau président comme son prédécesseur partagent une même ambition, celle de conduire un jour Vevey à l’échelon supérieur, en Challenge League. «On doit y aller étape par étape, nous installer d’abord dans notre nouvelle catégorie de jeu. On verra où nous en serons à Noël», relève William von Stockalper. Et Cyril Cornu d’ajouter. «Si une chance se présente cette saison déjà, on n’hésitera pas évidemment, Et si c’est dans trois ans, ce sera fantastique aussi.»