
Le Gingolais Stevan Maitin tentera ses meilleures prises au Championnat du monde M21 au Tadjikistan, du 1er au 5 octobre. | DR
Entraîneur et cheville ouvrière du judo-club de Collombey-Muraz, Diana Chabron n’a jamais connu un jeune aussi déterminé que Stevan Maitin. «Je le connais depuis 13 ans. Tout petit déjà, il me disait qu’il voulait aller aux Jeux olympiques. Et il n’a jamais rien lâché.» Aujourd’hui, à 18 ans, le Gingolais est le plus grand espoir du judo suisse. L’an dernier chez les M18, il a remporté son premier concours international à Berlin. Début septembre, alors qu’il était le plus jeune, il a fini 5e des Européens M21 en Estonie.
Cette semaine, le jeune Chablaisien sera le seul Suisse, avec trois filles, à participer aux Mondiaux de cette catégorie à Douchanbé au Tadjikistan. Et il ne cache pas ses ambitions. N’a-t-il pas dominé en Estonie le Hollandais Jochem Van Harten, 3e mondial? «Si les planètes s’alignent, je suis capable de battre tout le monde, annonce Stevan Maitin. Il y aura notamment deux Japonais redoutables.» Avec toute l’équipe suisse élite, il a d’ailleurs participé en début d’année à un stage au pays du Soleil Levant, le berceau du judo. «C’est là-bas que tout a commencé. À l’Université de Tsukuba, on se levait tous les jours à 4h du matin pour s’entraîner avec 50 Japonais. Une très belle expérience.»
«Il sent le judo»
Selon Diane Chabron, Stevan possède toutes les qualités pour s’imposer au plus haut niveau. «Réactif, rapide, il est capable d’attaquer des deux côtés, à gauche comme à droite, ce qui est rare. Mais sa force principale réside dans son judo au sol. Clé de bras, immobilisation, étranglement, il peut faire la différence à tout moment. Il sent le judo.» Quand on demande au jeune champion ce qu’il aime tant dans ce sport, la réponse fuse. «L’intensité des combats, c’est très tactique.»
Chez les Maitin, le judo est une passion familiale. Stéphane, le papa, a été un compétiteur de bon niveau en Suisse. Aujourd’hui, il suit son fils partout. Simon, le frère aîné, a aussi combattu. «J’ai toujours voulu faire cela. À 4 ans, j’étais déjà sur les tatamis», raconte Stevan.
Dire que son agenda est très chargé relève de l’euphémisme. En 3e année d’école de commerce dans une classe de sport-études à Martigny, il s’entraîne plusieurs fois par semaine, à Yverdon et Lausanne. «En général, de St-Gingolph, je prends le train à 6h50 pour Martigny. Et le soir, je suis rarement de retour avant 22h. J’étudie dans le train», raconte-t-il. Une vie très différente des copains de son âge, mais qu’il assume totalement. «Je dois passer par là pour aller au bout de mon rêve», ajoute-t-il. Prochain grand objectif, les JO de Los Angeles qui auront lieu en 2028. Stevan Maitin aura alors
22 ans.
