Les dealers de la gare perturbent certains voyageurs handicapés

Propositions insistantes, mendicité: le transit par la gare veveysanne n’est pas toujours des plus calmes.  |  R. Brousoz

Vevey
Le trafic de drogue n’est pas sans effet sur les personnes vulnérables. Une institution de Saint-Légier attire l’attention sur cette problématique.

Elle est souvent pointée du doigt pour le sentiment d’insécurité qui peut s’en dégager: avec ses dealers omniprésents, la gare de Vevey laisse peu de voyageurs indifférents. Et ce malaise prend parfois des proportions importantes chez des personnes en situation de handicap. 

«Plusieurs de nos bénéficiaires se sont plaints d’individus qui les approchaient, soit pour leur vendre de la drogue, soit pour leur demander de l’argent», indique Alejandro Martinez, directeur de la Cité du Genévrier. L’institution de Saint-Légier, chapeautée par la Fondation Eben-Hézer, accueille des personnes ayant une déficience intellectuelle. Certaines d’entre elles sont cependant assez autonomes pour se déplacer toutes seules. Et donc, transiter par la gare de Vevey. 

«Au cours des derniers mois, nous avons eu trois ou quatre témoignages. Ces personnes se font parfois aborder avec insistance. L’une d’elles m’a même écrit un courrier pour me faire part de son inquiétude.»  

Un obstacle à l’autonomie?

Selon le responsable, ce sentiment d’insécurité est problématique dans la mesure où il risque de créer du repli. «C’est leur autonomie qui pourrait être impactée, prévient-il. Même si la capacité de pouvoir dire <non> fait partie des objectifs que nous visons en travaillant avec elles, ce n’est pas évident d’affronter ce genre de sollicitations.»  

Alejandro Martinez a d’ailleurs adressé en août dernier un courrier aux autorités veveysannes pour les sensibiliser au problème. «La Municipalité m’a indiqué que différentes mesures étaient en train de se mettre en place pour améliorer la situation de la gare. J’ai également eu une conversation téléphonique avec la municipale Gabriela Kämpf à ce sujet.» Des échanges qui, dit-il, le satisfont à ce stade.