Refroidis par une pluie d’amendes, les Tsiganes finissent pas partir

35 caravanes occupaient un terrain privé à Noville depuis le 15 septembre. Elles y sont restées deux semaines.  |  C. Boillat

Noville
Une centaine de gens du voyage qui occupaient un terrain privé durant une décade ont été vaincus par une nouvelle action cantonale.

«Nous allons partir dimanche, ce que nous devons payer est trop lourd», annonçait la semaine dernière le chef d’un camp dressé illégalement à Noville. Installés sur un terrain privé, comme d’autres avant eux ces dernières années, cette centaine de gens du voyage vient d’Alsace et du nord de la France. Ils ont décampé dimanche. Pour une raison inédite dans l’Est vaudois…

«Ces personnes réunies dans 35 caravanes étaient là depuis le 15 septembre. Ces gens qui étaient avant à Lucens ont reçu les ordonnances pénales avec amende décrétées par le Ministère public. Outre la violation d’un domaine privé, ils sont convaincus d’insoumission à décision de l’autorité, relative à l’ordre d’expulsion requis par le préfet», détaille Laurent Curchod, le médiateur pour les gens du voyage dans le canton de Vaud.

«Le Ministère public a effectivement rendu, le 20 septembre, 40 ordonnances pénales à l’encontre des gens du voyage qui occupaient un terrain à Noville. Ces ordonnances ont été notifiées le lundi 23 septembre», confirme le procureur général Eric Kaltenrieder.

Le magistrat informe que «certaines personnes ont également été condamnées pour un campement illégal à Champagne entre le 26 et 29 juin, sur un terrain de football. Les infractions ici retenues sont une violation de domicile, dommages à la propriété, soit pelouse endommagée et contrainte, soit empêchement d’utiliser le terrain».

«Vaud est le ventre mou de l’Europe»

Les peines sont individualisées et varient en fonction du nombre de cas retenus et des situations de récidive. «Elles vont de 30 jours amende à 50 francs le jour, avec sursis, et amende de 300 francs à titre de sanction immédiate pour les <primo-délinquants>, à des peines fermes de 70 jours amende à 50 francs et amende de 700 francs à titre de sanction immédiate pour les récidivistes qui ont occupé les terrains de Noville et Champagne. Les frais sont fixés à 200 francs par décision», ajoute Eric Kaltenrieder. 

«Depuis mai, toutes leurs infractions sur sol vaudois ont été dénoncées. Sanctionner ces personnes en infraction avec la loi est la moindre des choses. Pas plus, mais pas moins qu’un citoyen vaudois lambda», note de son côté Laurent Curchod.

Syndic de Noville, Pierre-Alain Karlen fait part de sa satisfaction… en partie seulement. «Encore une fois, la législation n’est pas assez restrictive dans notre canton. En la matière, Vaud est le ventre mou de l’Europe, et ça les gitans ne le savent que trop. Il faut la durcir pour empêcher ces gens de rentrer chez nous ou pour pouvoir les reconduire à la frontière française.»