
«Festival» tourné dans le Chablais, a été nominé dans sept festivals internationaux. | Association Les Larbins
Dans la présentation de ce court-métrage de 26 minutes, on peut lire: «Festival est une mini-série réalisée par des Chablaisiens, sur des Chablaisiens, et filmée dans le Chablais.» Petit rire dans la foulée. «On est un peu chauvins, c’est vrai. Mais on l’admet», plaisantent Nils Martenet et Félicia Baillifard, qui ont tous deux grandi à Troistorrents.
Il n’empêche, d’une idée folle à la nomination dans sept festivals internationaux (dont une récompense au Festival international de cinéma d’Avignon et une sélection pour le French Duck Festival de Paris), le projet a pris une ampleur inattendue. Ce premier épisode d’une future mini-série arbore déjà une belle voilure. Mais entre l’impulsion de départ et sa réalisation, les deux jeunes réalisateurs de 28 ans et leur équipe n’avaient pas idée de l’expédition dans laquelle ils s’embarquaient.
De Morgins à Collombey-Muraz
Festival raconte l’histoire de quatre amis d’enfance qui vivent dans le manoir d’un retraité, Louis. Ou plutôt de trois amis, rejoints en cours de route par une quatrième qui, un jour, débarque de la forêt, comme ça, de nulle part. Un personnage un peu étrange, animal, qui tente de retrouver ses parents.
Toutes les scènes du film ont été tournées dans le Chablais et le Valais central. L’histoire se déroule principalement dans la région de Morgins, mais aussi à Sion et dans la maison Cana Myriam, à Collombey-Muraz, qui accueille depuis ce printemps un projet de logement pour femmes en difficulté.
Né durant la pandémie, ce projet fédère des artistes de la région: comédiens, circassiens musiciens, dont Pascal Vigolo, qui signe la bande-son originale du film, Sandrine Rudaz et Inès Valente, la chanteuse du groupe Anaba. «Ce projet est à la fois une mise en valeur de la région et, surtout, des gens qui en font partie, qui viennent d’ici et qui ont des choses à dire et à proposer. En Suisse, nous avons tendance à ne pas écouter nos artistes, en musique en tout cas, et beaucoup de groupes doivent s’exporter à l’étranger pour que ça marche», déplore Nils.
Le cinéma, c’est chronophage
Bien qu’ils aient grandi dans la même région et partagent beaucoup d’amis en commun, Nils Martenet et Félicia Baillifard se sont rencontrés sur le tournage d’un clip pour Pascal Vigolo. «J’ai trouvé Félicia très créative et rigoureuse surtout. Elle a une grande constance dans le travail. Je l’ai donc contactée pour lui proposer de co-réaliser cette mini-série en pensant que nous allions la terminer en trois mois. Nous voilà trois ans plus tard avec le premier épisode en poche», avoue Nils. «Ce projet a pris des proportions qui nous ont très vite dépassés», reconnaît Félicia.
Les deux professionnels de la vidéo et du théâtre – Félicia a suivi l’École de Théâtre Serge Martin à Genève et Nils l’Eracom à Lausanne – reconnaissent que le cinéma, c’est autre chose. «Toute la difficulté est de faire un film qui tient la route. Il y a tellement de strates: une réplique, le mixage, les éclairages, le montage… C’est un travail de fou et on se rend compte que réaliser un bon film demande des dizaines de personnes hyper compétentes. Ca a été très formateur», se réjouit Félicia.
Mais le plus beau dans l’aventure reste «la générosité et l’implication d’une formidable équipe de 97 personnes», la plupart bénévoles. «J’ai été très touchée par le côté humain, confie Félicia. Voir tous ces gens tellement motivés par le projet et déjà en train d’installer les éclairages à 7h30. Finir à 2h du matin et les entendre dire: On pourrait refaire une prise? Et tout cela pour un plan qui dure 18 secondes.» Et Nils Martenet de conclure: «Ils n’ont rien lâché, du début à la fin.»
«Festival» sera présenté en avant-première le 19 octobre, à 19h au Kremlin, à Monthey, en présence des réalisateurs.
