
Romain Joncour a dépeint un monde de l’apprentissage pas si lointain où l’intelligence artificielle et les chatbots seront nos assistants personnels au quotidien. | DR
À mi-chemin entre Terminator et Avatar. La présentation «L’Intelligence Artificielle au service de l’apprentissage», mercredi soir dernier dans les locaux de l’entreprise Meili Technology, à Bex, a donné des allures de science-fiction au monde de la formation professionnelle. «Sauf que cela existe déjà», a assuré Romain Joncour, Senior account executive de Dell Technologies.
Il s’exprimait face à quelque 250 représentants d’entreprises formatrices de la région. Tous étaient les invités de la soirée partenaires du SeMo Chablais, soit le Semestre de motivation du Chablais vaudois, mesure de transition pour la préparation à la formation professionnelle (lire ci-contre).
Aux allusions cinématographiques, le spécialiste en intelligence artificielle (IA) a joint des explications parfois complexes pour la majorité. Le tout était agrémenté de quelques vidéos bien plus parlantes, que l’on aurait effectivement pu croire tirées d’un film futuriste. Certes, des employés travaillant qui demandent conseil à des chatbots (des IA pouvant dialoguer avec des humains) via des casques de réalité virtuelle pour accomplir leur tâche n’est pas monnaie courante, selon Romain Joncour, «mais c’est une réalité dans certaines entreprises».
Inéluctable
À l’entendre, la révolution est en marche, que l’on soit geek ou «réac», alors pourquoi ne pas embrasser une forme d’intelligence «qui ouvre le champ de tous les possibles?», a-t-il questionné.
Et notamment dans le domaine de l’apprentissage, surtout dans un pays comme la Suisse qui a su le valoriser au maximum. «De plus en plus d’écoles adoptent l’IA, il ne faut pas en priver les étudiants. D’ailleurs, on pourrait bien essayer et que feront-ils? Ils en profiteront quand même.»
D’autant qu’il en est convaincu, la plus-value est évidente. En vrac: gain de temps pour les enseignants, des jeunes plus faciles à mobiliser en recourant aux nouvelles technologies, une technique d’apprentissage en phase avec l’évolution du monde du travail et des emplois de demain, des réponses quasi instantanées à la plupart des questions. «Selon une statistique, au-delà de 15 secondes pour répondre à une question à son enfant, ce dernier trouvera que c’est trop long. Avec un chatbot, cela prend en moyenne 3 secondes.»
Autre statistique, qui ne surprendra personne: avec un rapport d’un enseignant pour un élève, ce dernier obtient de bien meilleurs résultats. Impossible sur le terrain? Pas si ces mêmes enseignants sont virtuels, des digital humans. «Pour moi, dans 5-10 ans, nous aurons des chatbots partout», reprend le conférencier. Dans l’apprentissage, ils seront là pour enseigner, conseiller, créer des contenus, des exercices pratiques, assène-t-il. «Bien utilisés, vous pouvez améliorer bien des parcours.»
Alors, convaincue l’assistance? Dur à dire, mais les certitudes du spécialiste en auront bousculé plus d’un. L’IA, fatalité de l’humanité? La suite au prochain épisode d’une saga pas si futuriste.

Pour sa dernière en tant que directeur de Plate-Forme Jeunesse (qui encadre le SeMo), Pascal Brunner, qui quittera l’entreprise à la fin de l’année, a pu avancer des chiffres encourageants concernant l’année 2023-24, même s’il l’a qualifiée de «difficile». Référence, d’une part, à la baisse de l’aide cantonale pour la mesure, d’autre part à un deuil au sein de l’équipe. «Nous affichons 82% de taux de placement pour les 88 jeunes accueillis, soit plus que les autres années. Cela signifie 72 contrats d’apprentissage signés.» Sous son ère, les contrats signés au total auront été de 921, ce qui fait du SeMo Chablais un très bon élève à l’échelle cantonale et même plus loin.
Pascal Brunner a également évoqué les quatre contrats signés dans le cadre de la mesure Epiglobe, qui s’adresse aux migrants en quête d’un emploi et fait un clin d’œil aux nouveaux secteurs multimédia et logistique qui permettent depuis un an aux bénéficiaires du SeMo de développer leurs compétences dans ces domaines.
Avant de recevoir un petit présent pour son engagement de longue date, le futur ex-directeur n’a pas manqué de rappeler que le 4e Speed Recruiting du Chablais, qui permettra à plus de 200 jeunes de 11e année de postuler auprès d’une soixantaine d’entreprises, se déroulera le 4 décembre. En attendant la petite dernière dès 2025: la semaine Immersio (voir ci-dessous).
De jeune à jeune. C’est un peu l’idée de base d’Immersio, la dernière initiative de Plate-Forme Jeunesse, responsable de la mesure SeMo, pour encourager les élèves à envisager des carrières professionnelles. Comment? En mettant en relation tous les élèves de 10e année et un-e apprenti-e. «Ils pourront ainsi découvrir un métier pendant une journée en s’immergeant dans le quotidien d’un apprentissage», explique Anne Russo, répondante entreprises et cheffe de projet à Plate-Forme Jeunesse. L’idée est si bonne que le Département l’a soutenue et espère l’étendre à l’ensemble du canton.
Cela se passera du 7 au 11 avril 2025. À Aigle, un «événement de réseautage est prévu le 10, de 16h30 à 20h à l’École professionnelle du Chablais et à la salle de l’Aiglon, à Aigle, et permettra de créer du lien.
