Kimmo Bellmann, un Riviériste à la rescousse du HC Ajoie

Kimmo Bellmann, qui a grandi à Clarens, a officié dans plusieurs sports et plusieurs clubs de la Riviera et du Chablais.  | P. Muller

Hockey sur glace
Depuis deux ans, le binational suisse et finlandais tente d’amener un nouveau souffle au club jurassien. Rencontre avec celui qui a fait la joie du hockey, rink-hockey et inline hockey au bord du lac.

Quand Kimmo a accepté en novembre 2022 le poste de directeur administratif du HC Ajoie, il a la lourde tâche de professionnaliser un club qui truste la dernière place du classement en National League (1re division) après quatre ans de retour dans l’élite…

Marié à Melina et père d’une fille (Lilou, 14 ans) et d’un garçon (Lenny, 12 ans), l’ex-Montreusien de Clarens a désormais deux «chez lui»: à Châtel-Saint-Denis (FR), où il vit depuis quinze ans avec sa petite famille, et un pied-à-terre à Porrentruy quatre jours par semaine. Une condition qu’il a obtenue pour voir un minimum sa famille. «Et quand c’est possible, Mélina et les enfants viennent assister aux matches à Porrentruy. Mon fils Lenny se sent chez lui à la patinoire, il adore ce club. Ils sont quelques tout jeunes à aller dans les ultras, sous leur protection.»

Des origines finlandaises

Vous vous dites que son prénom sonne finlandais? Vous avez raison, Kimmo Bellmann est binational, suisse par son père architecte et finlandais par sa mère art-thérapeute. «Le travail de mon père nous a amenés à Alger, jusqu’à mes deux ans, avant de nous établir en Suisse, à Huémoz, tout proche de Villars. J’y ai d’ailleurs fait un peu de hockey quand j’avais 4-5 ans. Puis nous avons habité à Clarens jusqu’à mes 20 ans. J’ai aussi été domicilié à Chernex et Saint-Légier.»

Avec le déménagement sur Clarens, Kimmo Bellmann tourne le dos au hockey sur glace. Il s’essaie alors au rink-hockey, au sein du Montreux HC, avant de trouver sa voie, son plaisir et la haute compétition en inline hockey. «C’est un sport très populaire dans le Jura. Ainsi depuis que je travaille pour le HC Ajoie, je rencontre d’anciens adversaires de l’inline. J’y ai joué de 16 ans à… 40 ans. Principalement à l’IHC La Tour-de-Peilz. Nous avons fait les promotions de 1re ligue en Ligue B, puis de Ligue B en Ligue A, remporté le titre national, puis la Coupe d’Europe.»

Alors qu’il n’a jamais eu de licence, Kimmo Bellmann tente le hockey sur glace entre 2004 et 2006. «D’abord à Leysin, puis à Renens. Ce n’était pas facile quand tu joues avec des gars qui ont évolué en U20 élites.» 

Mondial 2020: le rendez-vous manqué

Sur le plan professionnel, cet ingénieur en communication et management a connu plusieurs vies, toujours en lien avec le sport. «Deux ans à 20 Minutes, pour les débuts en Suisse romande du quotidien gratuit, puis six ans à l’UEFA, d’abord comme attaché de presse puis comme «events manager». Puis j’ai créé ma société d’organisation d’événements sportifs.»

En 2016, Kimmo Bellmann devient directeur de Red Ice Martigny. Cela se finira mal. «J’ai travaillé plusieurs mois sans recevoir mon salaire. C’était très compliqué émotionnellement et financièrement. Ensuite j’ai pu revenir dans le monde du hockey en étant nommé directeur du site de Lausanne pour le Championnat du Monde 2020, mais le Covid est arrivé et tout a été annulé.»

Le fait de ne pas être jurassien est-il un handicap ou un atout? «Plutôt un avantage. Je ne vais pas être influencé par des amitiés et je vais prendre les meilleures décisions à mes yeux pour faire avancer le club, tout en respectant l’ADN familial du club. Sinon, ici, les gens font dans la simplicité et j’aime ça. Vous vous sentez tout de suite bien accueilli, surtout si vous partagez volontiers autour d’un verre.»