«On est dans le flou, mais on reste solidaires»

Le Vevey Riviera Basket s’entraîne, malgré tout.  | B. Monnard

Vevey Riviera Basket
Le club n’ayant pas reçu de licence, les joueurs s’entraînent depuis un mois et demi sans savoir de quoi sera fait leur futur. L’issue du recours est attendue cette semaine. Témoignages.

Un vendredi matin comme un autre aux Galeries du Rivage. Les huit pros de Vevey Riviera Basket effectuent un de leurs deux entraînements quotidiens, celui-là consacré aux shoots. On se tape dans les mains, ça rigole, on sent une joyeuse complicité, malgré les circonstances actuelles: un championnat de LNA qui a vécu le week-end dernier sa troisième journée sans Vevey… Fin août, en effet, la fédération a refusé sa licence au club de la Riviera pour raisons financières. L’issue du recours déposé auprès du Tribunal arbitral du sport est attendue cette semaine.

On va de l’avant

Depuis un mois et demi, privés de match, les joueurs continuent pourtant à s’entraîner comme si de rien n’était ou presque. Un investissement sans faille qui fait l’admiration d’Ivan Beram, l’entraîneur croate. «En 17 ans dans ce métier, je n’ai jamais connu une situation pareille, relève-t-il. Des jours, je vois de la tristesse sur le visage de mes joueurs, mais ils se comportent en vrais pros, faisant preuve de beaucoup de patience. Je sais que certains ont refusé des offres d’autres clubs. C’est un magnifique exemple, trop rare dans le monde du sport pro d’aujourd’hui.»

Grand espoir du club, Axel Maboso (21 ans) a commencé le basket à Vevey quand il était tout petit. En première équipe depuis quatre ans, il a vécu son moment le plus fort la saison dernière lorsqu’il a inscrit 18 points contre Neuchâtel en play-off, aux Galeries, dans un stade en fusion. «Vevey possède le meilleur public de Suisse», lance-t-il. Forcément, l’incertitude actuelle est difficile à vivre. «On est dans le flou et c’est compliqué. Quand on se retrouve à la salle entre nous, ça va, on reste solidaires. Mais en dehors, ça me travaille beaucoup.» 

Arrivé cet été de Monthey, Maxime Rentsch (22 ans) a signé au pire moment. «On essaie de rester positifs, afin d’être prêts au cas où.» Tous les joueurs se réunissent autour de leur entraîneur à la fin de l’entraînement et applaudissent, scellant l’union sacrée.

«Ils ont une attitude exceptionnelle, même si ce n’est pas simple tous les jours. Maintenant, on espère que nos efforts aboutissent», commente Nathan Zana (47 ans), le président. En 2019, il avait repris Vevey en LNB et l’a reconduit au sommet du basket suisse. Le mouvement junior, et ses quelque 200 membres, tous âges confondus, le rend particulièrement fier, avec de très bons résultats au niveau suisse,  hommes et femmes confondus.

Sur un budget total de 730’000 francs, il en manquait 200’000 dans les caisses en août, d’où la sanction. «En Suisse, le produit basket n’est pas vendeur auprès des sponsors. Cette saison, Nyon et Monthey n’ont été sauvés que grâce au soutien de leurs Communes. À Vevey, nous bénéficions gratuitement d’excellentes infrastructures, mais la Commune a toujours refusé de nous aider financièrement», relève le président, actif dans l’immobilier. 

En cas de relégation en 1re ligue, pas question pour lui de quitter le navire. «Je ne suis pas millionnaire, mais je donne beaucoup de mon temps pour le basket. Mon épouse me répète souvent que je suis fou de faire tout ça pour ces gamins.»