
Les affaires d’abus présumés du Père Abbé de l’Abbaye de Saint-Maurice, Jean Scarcella, et du chanoine Roland Jaquenoud sont définitivement classées. La plainte pour diffamation et calomnie à l’encontre du chanoine Gilles Roduit a débouché sur une non-entrée en matière.
Tout s’est joué la semaine dernière en deux temps.
Premièrement, le Ministère public informait jeudi clore le dossier des abus sexuels perpétrés au sein de l’Église après avoir enquêté sur une vingtaine de cas. La procureure générale annonçait en effet que «tous les faits dénoncés sont prescrits ou n’ont pas fait l’objet d’un dépôt de plainte pénale à temps». Résultats: décision de non entrée en matière et ordonnance de classement rendue.
Le deuxième temps est intervenu le lendemain, lorsque le Vatican a rendu les mêmes conclusions via son enquête préliminaire sur les soupçons de harcèlement sexuel ou de dissimulation d’abus de la part de six évêques, dont Jean Scarcella. Ce dernier avait été visé «suite au signalement d’un comportement inapproprié», rappelle l’Abbaye dans un communiqué.
Au jeune homme disant «avoir été durablement blessé intérieurement», le Père Abbé, via l’Abbaye, a fait savoir qu’il «respecte le ressenti de cette personne et réitère sa demande de pardon».
Le Vatican a toutefois prévenu que «si les faits relatifs à cette accusation étaient entièrement prouvés, alors ils seraient certainement inconvenants et démontreraient une attitude ambiguë et non conforme à la prudence attendue pour des clercs dans les relations interpersonnelles».
Au vu du classement du dossier, l’Abbaye de Saint-Maurice «s’en remet avec égards à l’autorité du Dicastère concernant l’éventuelle réintégration de Mgr Scarcella dans sa charge de Père Abbé de l’Abbaye de Saint-Maurice».
L’institution religieuse fait toutefois son mea culpa. «L’impossibilité de démontrer les faits, la prescription et les décès survenus ne doivent aucunement occulter la souffrance des personnes qui se sont annoncées. Face à tant de préjudices occasionnés, nous demandons pardon et espérons que puisse s’amorcer un chemin de résilience pour les personnes qui ont été blessées.»
