Poser un regard platonique sur l’hôpital

Les cinq solides de Platon ont pris place dans les jardins de l’HRC, à Rennaz.  | DR

Rennaz
L’HRC accueille pour la première fois une exposition dans ses jardins. L’artiste et patient Celestino di Napoli a conçu cinq formes géométriques colorées pour donner vie à l’établissement de santé.

Celestino di Napoli a plusieurs casquettes. Architecte et artiste, il est passionné par la géométrie intuitive, ce qui l’a amené à concevoir des maisons avec des formes géométriques, baptisées «zômes», un peu partout. Mais lors d’une construction à Bordeaux, son monde bascule. Il «devient tout jaune» et on lui diagnostique un cancer du pancréas. C’est ainsi qu’il se retrouve à l’hôpital de Rennaz. Enfermé dans ces murs droits de béton où il est soigné, Celestino di Napoli s’ennuie. Pour s’évader et s’occuper, il sort sa planche à dessin. 

Inspiré par les solides de Platon, une série de cinq formes géométriques, Celestino di Napoli conçoit son exposition. Il découvre l’auteur Théo Gimbels qui associe une couleur à chaque solide dans «Les pouvoirs de la couleur». Le tétraèdre, de forme pyramidale, est ainsi peint en rouge. Il agirait sur l’hypophyse, une glande régulatrice des fonctions motrices. L’hexaèdre, à six faces, et qui peut être cubique, est lui coloré en vert. Il est associé au sacrum, l’os qui relie la colonne vertébrale au bassin.

S’ouvrir aux artistes locaux

Durant son hospitalisation, l’homme de 63 ans a pu bénéficier de l’aide de la Ligue vaudoise contre le cancer. L’association caritative soutient les malades pour toutes leurs démarches administratives durant la durée de leurs soins. Car comme il le déplore, on ne peut pas «mettre en pause» sa vie lorsqu’on lutte contre le cancer, il faut continuer à payer ses factures. En retrouvant sa santé, Celestino di Napoli a proposé à cette association son projet d’exposition. Une expo que la direction de l’hôpital a ensuite chaleureusement accueillie. 

C’est la première fois que l’HRC se lance dans une telle démarche artistique, mais il pourrait donner suite. «C’est une première pierre. On a vraiment envie de s’ouvrir aux artistes locaux», précise son responsable communication, Terry Emmel.

L’exposition «Regard platonique» est déjà visible dans le parc du Centre hospitalier de Rennaz, où elle restera jusqu’à Noël. Elle sera ensuite démontée et déplacée dans un lieu qui reste à déterminer.

GALERIE