
Franck Dubosc dans un registre insolite: il sera à Vevey ce jeudi pour présenter sa comédie noire «Un ours dans le Jura» au Vevey International Funny Film Festival. | J. Panié – 2024 Gaumont
Celles et ceux pour qui Franck Dubosc est cantonné à ses rôles de séducteur beauf et mytho seront surpris. Ceux qui le connaissent déjà comme réalisateur ou explorant d’autres registres, peut-être moins. Mais tous pourraient être happés par «Un ours dans le Jura», son troisième long-métrage, couronné par le prix du public au Festival du cinéma francophone de Málaga. «Je me suis autorisé à faire le cinéma que j’aime», confie-t-il au bout du fil. L’histoire de Michel et Cathy, qui habitent dans une ferme isolée et vivotent grâce à la vente de sapins de Noël. Un soir, en voulant éviter un ours, Michel percute une voiture, tuant les deux occupants. Dans le coffre, deux millions d’euros…
Comment êtes-vous passé d’acteur de comédie populaire à réalisateur d’une comédie noire?
– Il s’est passé déjà plusieurs années! Il y a eu des films dont j’ai écrit le scénario, puis en 2018 j’ai réalisé mon premier long-métrage. Quand on devient l’auteur et le réalisateur, on fait ce qui nous plaît. Pendant toute ma carrière, je me suis armé de patience pour en arriver à un moment où, ayant appris, vu, compris ce qui me plaisait ou me plaisait moins, je me suis dit: «Je vais faire ce que j’aime voir en tant que spectateur.»
Donc vous aimez les comédies noires?
– Oui, j’aime le cinéma noir. Bien sûr, j’ai aimé jouer dans «Camping» ou «Bienvenue à bord», mais en tant que réalisateur, j’aime de plus en plus mettre en scène des gens vrais et le rire facile me plaît de moins en moins. Dans «Un ours dans le Jura», j’ai évité plusieurs rires faciles, alors qu’à une époque j’aurais calculé leur nombre! On y rit plutôt pour se soulager d’avoir eu peur ou tout en ressentant d’autres émotions.
Vous dites que le film aurait pu s’appeler «L’argent ne fait pas le bonheur, mon cul!»
– En effet, mais je n’avais pas envie de parler d’argent dans un titre. J’aimais l’idée d’un titre qui ne donne pas de leçon, qui soit très linéaire, un de ces titres à l’ancienne.
Vous donnez à voir beaucoup de petits arrangements entre amis, en soi et avec les autres. Quel regard portez-vous sur l’humain?
– Je dirais un regard lucide. Je pense que l’argent peut amener beaucoup de bonnes et de mauvaises choses. Tout le monde est achetable, mais tout le monde a aussi une faille. Dans le film, ces failles peuvent se résoudre grâce à l’argent. L’humain est capable de s’accommoder de mauvaises actions quand il se dit que c’est pour une bonne cause ou de petits bonheurs.
Comme l’amour, de couple surtout…
– Oui. Sur le fond, j’avais envie de raconter l’histoire d’un couple qui ne se parle plus et va se retrouver grâce à un événement extérieur grave. D’ailleurs pour moi, l’une des phrases les plus importantes du film est «le meilleur moyen de se retrouver, c’est de savoir où on va se perdre».
L’ours génère l’action et chacun a un peu un ours en lui. Comment est le vôtre?
– C’est un ours qui n’hiberne jamais, et que vous ne pourrez jamais avoir avec un peu de miel. Je suis plus féroce qu’un ours!
Ours en peluche parfois?
– Ça m’arrive de moins en moins. Maintenant, je suis papa d’ours en peluche (ndlr: deux garçons ados), donc je suis obligé d’être un vrai ours, protecteur.
Votre actualité?
– «Loups-Garous», dans lequel je joue aux côtés de Jean Reno, sort ce mercredi sur Netflix. C’est un film d’aventure qui fait peur et qui est drôle.
Et «Prodigieuses» le 20 novembre en France, inspiré d’une histoire vraie. J’y interprète le père de jumelles pianistes virtuoses.
Vous y porterez une moustache…
– Oui. Quand j’ai la moustache, c’est que c’est sérieux!
Le Vevey International Funny Film Festival fête sa 10e édition du 23 au 27 octobre, avec comme invité d’honneur le célèbre compositeur de musique de films Vladimir Cosma et un riche programme: une quarantaine de films, un best of courts-métrages de ces dix dernières années, une rétrospective Louis de Funès, trois soirées festives, des dessins animés et des ateliers pour le jeune public. Et parmi les nouveautés: un Open Air gratuit sur la place du Marché.
Plus d’infos: www.vifff.ch
