Immersion au cœur des relations humaines
De g. à dr.: Florence Quartenoud, Pierre Banderet, Stéphane Rentznik et Paola Landolt se partagent la scène dans ce huis clos extatique. | L. Fedrigo
Quand on a vécu quelque chose, on se dit parfois qu’on aurait pu faire mieux, ou différemment… Dans «Trois versions de la vie», de l’auteure française Yasmina Reza, de légères nuances peuvent faire basculer le cours d’une situation. Mise en scène par Caroline Althaus et portée par les acteurs Paola Landolt, Florence Quartenoud, Pierre Banderet et Stéphane Rentznik, la pièce débarque au Théâtre Montreux Riviera (TMR) du 12 au 24 novembre, en coproduction avec la Cie Qu’est-ce t’as toi?
«J’aime beaucoup l’écriture de Yasmina Reza. C’est une écriture très fine, caustique et jubilatoire qui fait sourire, mais en même temps grincer des dents.» Khany Hamdaoui, directrice du TMR, n’a pas hésité longtemps à programmer ce huis clos mordant. «La pièce est intéressante, car elle parle des rapports de force des personnages qui évoluent au fil de la pièce, pour le mieux…ou pas.»
Pour la metteure en scène Caroline Althaus, monter ce spectacle relevait de l’évidence. «Cela a été une grande et magnifique découverte. J’étais en fascination pour le texte», confie-t-elle. Dans cette logique, très peu de retouches y ont été amenées. «Dans l’écriture de Yasmina Reza, il n’y a rien de superflu. On a essayé de faire pareil pour la scénographie, de viser cet essentiel qui mise sur le fond, avant la forme.»
Des silences qui en disent beaucoup
La subtilité de cette tragi-comédie réside peut-être dans sa structure: une même situation est rejouée trois fois, basculant du banal à l’étonnant. «Un couple est chez lui avec leur enfant, et un autre couple débarque avec un jour d’avance, ce qui est toujours particulièrement dérangeant quand on a un dossier à rendre ou qu’on est fatigué. Et surtout, quand il y a un enjeu par rapport au travail…», glisse Caroline Althaus.
Dans ces trois facettes livrées d’une même scène, des détails amènent une différence significative. Et si toutes les versions étaient possibles? «Tout est induit, ce qui compte c’est l’humain, ce qu’il dit, ce qu’il fait, ce sont les sous-entendus, les silences… relève la metteure en scène. La pièce montre à quel point nos réactions peuvent tout modifier. On voit comment cela redistribue systématiquement les cartes par rapport à nos rapports aux autres.»
Dans un style incisif et drôle, «Trois versions de la vie» invite à se plonger au cœur des relations humaines, si complexes et belles soient-elles, et à réfléchir sur nos propres agissements.
«Trois versions de la vie», du 12 au 24 novembre, TMR, rue du Pont 32, Montreux.




