L’élite nord-américaine du «timbersports» s’entraîne à Aigle

L’équipe de Suisse s’est entraînée à Aigle avec des partenaires de choix: les teams du Canada et des États-Unis. | C. Dervey – 24 heures

Bûcheronnage sportif
Invités du Chablaisien Christophe Geissler, des cadors des États-Unis et du Canada se font la main dans le Chablais à la veille des Championnats du monde à Toulouse ce week-end.

Au milieu de la halle, les copeaux giclent sous les assauts rageurs des haches et des tronçonneuses hurlantes. Sur fond de sono électro, ils frappent tous avec un objectif commun en tête sur le domaine agricole de Jean-Luc Mayor, à Aigle: mettre un terme au règne insolent des Australiens, quadruples tenants du titre par équipes, lors des Championnats du monde de Timbersports, ces vendredi et samedi à Toulouse. «Ils»? Les membres des «teams» suisse, canadien et américain, comptant parmi la crème internationale du bûcheronnage sportif.

Parmi eux, certains sont professionnels de père en fils sur trois générations, comme les Américains Matt Cogar et Jason Lentz, champions du monde 2021. En solo, il leur faut moins de 20 secondes pour décapiter une bûche verticale, un peu plus de dix à la scie passe-partout pour détacher une tranche de bois, à peine cinq à la «hot saw», une tronçonneuse de compétition.

«On y va pour la gagne» 

Dans le chef-lieu chablaisien, ils ont trouvé leur base européenne pour les ultimes réglages avant de prendre la route pour le sud-ouest français. Et ce grâce à un hôte de choix: Christophe Geissler, 50 ans, mais toujours un point fixe au sein de l’élite suisse. Lui aussi, d’ailleurs, concourra ce week-end dans l’antre du Zénith Toulouse Métropole. Il y sera même le doyen mondial en compétition individuelle.

Et quand on invite des cadors, on ne lésine pas sur le service. «J’ai prévu 150 blocs entre 65 et 80 centimètres de long et, surtout, 46 cm de diamètre.» Pas un centimètre de plus, pas un de moins: les conditions doivent être celles qu’ils trouveront en compétition vendredi et samedi. On parle de chronos et de médailles qui se jouent parfois au dixième de seconde.

Le Québécois Marcel Dupuis, pompier professionnel, s’éclate. «Il fait beau, la vue sur les montagnes est splendide et l’ambiance détendue. Pour moi, ça reste un passe-temps à côté de ma carrière.» «It’s for fun! (ndlr: c’est pour le plaisir)», ajoute son coéquipier Nathan Cumberland, dont le frère Ben fait aussi partie de l’équipe à la feuille d’érable.

Tout autre discours côté américain et Jason Lentz. «Quand on va aux Championnats du monde, c’est forcément pour la gagne. L’année passée, nous ne sommes pas parvenus à battre les Australiens, mais nous avons réuni la meilleure équipe possible.» 

Les marques de reconnaissance se sont enchainées à l’adresse de Christophe Geissler. À tel point que l’Aiglon dit avoir déjà reçu des demandes pour l’automne 2025. «De la part d’Américains notamment. Les Championnats du monde auront lieu pas loin, à Milan.»

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