
Les participants devront passer par 100 postes pour la 100e course du Care Vevey Orientation. | DR
Pierre-André Baumgartner fut, dans sa jeunesse, un coureur de bon niveau. La trentaine passée, il s’est pourtant tourné vers une discipline plus ludique, la course d’orientation avec une dizaine de copains. «On en avait marre des tours de piste», plaisante-t-il.
Aujourd’hui, à 78 ans, le président du Care Vevey Orientation et ancien dessinateur architecte continue de pratiquer cette discipline, boussole en main. «J’aime courir dans la nature, lire une carte et choisir le cheminement le plus rapide.»
Champion suisse en 1992, il a participé à des compétitions à travers toute la planète, jusqu’en Australie et en Nouvelle-Zélande. «On n’arrête jamais la course d’orientation. Henri Repond, notre plus ancien membre, vient à 92 ans de devenir champion suisse chez les plus de 90 ans.»
Ce dimanche, le club de la Riviera organisera la 100e course de son histoire. Au menu des quelque 200 concurrents: un parcours de 15 kilomètres avec départ au Mont-Pèlerin, descente à travers les forêts des hauts de Chardonne, puis le vignoble et arrivée à la piscine de Vevey.
Attention aux ravins!
Aucun autre sport ne correspond autant à l’expression la tête et les jambes, conjuguant endurance et sens de l’orientation. «C’est du 50-50», relève Pierre-André Baumgartner. Le président a dessiné ce tracé ponctué de 100 postes, comme le chiffre anniversaire. «On organise deux à trois courses par année, plus courtes, toujours dans la région, aux Pléiades et aux Paccots, sans oublier notre traditionnelle <Riviera By Night>, au centre de Vevey, à l’approche de Noël.» Il existe deux types de compétitions: les sprints en ville, d’une durée de 15 à 20 minutes, et les courses en forêt d’une heure et demie environ pour les meilleurs.
Ce dimanche, comme toujours, les coureurs découvriront la carte du parcours restée secrète, avec les postes à rejoindre au moment de s’élancer. «Les meilleurs courent à 15-20 km/h tout en la décryptant. Dans leur tête, ils la voient en trois dimensions. Un poste franchi, ils savent déjà où passer pour atteindre le suivant, poursuit Pierre-André Baumgartner. On a tous fait des chutes spectaculaires. Tout est consigné sur nos cartes d’une précision extrême: les grosses pierres, les souches, les zones infranchissables, comme les ravins.»
Tout l’art de la course d’orientation consiste à trouver, entre deux postes, le chemin le plus rapide, le plus roulant, le moins accidenté. «Il y a toujours trois ou quatre possibilités. À la fin, les concurrents en discutent parfois des heures. Certains reproduisent leur parcours sur un site ce qui permet des comparaisons.»
Placée au bout d’un doigt, une puce électronique déclenche les balises à chaque poste franchi, alors qu’un poste manqué est synonyme de disqualification. «On les place dans des endroits peu visibles, derrière un petit monticule par exemple. Et on s’énerve beaucoup quand on ne le trouve pas tout de suite», conclut Pierre-André Baumgartner, le sourire aux lèvres.
Aujourd’hui, Care Vevey Orientation compte une petite cinquantaine de membres. «La moyenne d’âge est d’environ 40 ans. Beaucoup font ce sport en famille, parents et enfants ensemble.» La passion de ce sport, selon le président, se transmet de génération en génération. «Après avoir couru avec les parents, les enfants s’y mettent individuellement vers 10 ans, dès qu’ils sont capables de lire une carte. C’est un jeu pour eux.»
Les compétitions internationales sont dominées par les pays scandinaves, berceau de ce sport, mais aussi la Suisse. Légende dans le milieu, la Bernoise Simone Niggli-Luder, 23 fois championne du monde, continue à 46 ans de courir chez les vétérans.
Meilleur Suisse actuel, l’Argovien Matthias Kyburz (34 ans) est aussi un coureur de fond de très haut niveau. Il a terminé 30e du marathon des JO de Paris et deuxième en octobre de Morat-Fribourg. La course d’orientation reste pourtant son sport préféré.
