Asile artistique à Malévoz

Atelier à la Galerie du Laurier avec l’artiste Nelly Blumenthal. | F. Meyer

Monthey
Patients et artistes cohabitent au cœur de l’hôpital psychiatrique chablaisien. À l’occasion de l’anniversaire de l’Association Malévoz, Arts, Culture & Patrimoine, Gabriel Bender retrace l’évolution de ce lieu hors du temps.

Un hôpital psychiatrique comme lieu de création. Depuis 2014, le bâtiment du Torrent, autrefois demeure des lingères, accueille des artistes de tous horizons. Pour quelques jours, semaines ou mois, ils posent leurs bagages au sein de cet ilôt réaménagé.
Né de la volonté de réhabiliter les bâtiments délaissés, le projet apporte aussi un autre regard sur la psychiatrie. «Le but était d’occuper les espaces abandonnés par l’hôpital par des espaces culturels, pour rendre le lieu plus vivant et créer une dynamique complémentaire aux soins. Nous souhaitions offrir un asile hospitalier aux artistes. Par ricochet, les patients en profitent», relate Gabriel Bender, directeur du quartier culturel.
Parmi les 500 artistes de toutes disciplines qui ont fait escale à Malévoz, 120 s’y sont installés le temps d’une résidence. L’occasion de partager des activités créatives avec la patientèle. «Les artistes en résidence avec une bourse proposent des rencontres avec les patients. Tous les jours depuis 10 ans, un atelier artistique est organisé. Cela peut être un atelier cinéma ou gravure, par exemple. Mais ce n’est pas de l’art-thérapie.»

Bientôt de la science?
Composé d’un théâtre, d’une galerie, d’une buvette, ou encore d’un jardin culturel, le site montheysan, ouvert au public, est aujourd’hui un lieu hybride, à la croisée des chemins entre arts, culture, patrimoine et santé mentale. Un bilan dont Gabriel Bender se réjouit. «Il y a encore une chose que nous souhaitons développer et qui est actuellement en chantier: des résidences scientifiques. Sinon, nous avons déjà fait pas mal de choses. L’outil est toujours perfectible, évidemment.» En février 2025, un week-end portes ouvertes sera organisé pour fêter cette décennie et la fin des travaux en cours.
Avant cela, le vernissage du huitième carnet de résidence, hautement symbolique, se profile. «Ce carnet est signé à deux mains, par Marie Escorne et David Snug, et rend hommage à Denis Briand qui est malheureusement décédé. David Snug était son élève et Marie Escorne son amie et collègue d’université. Denis est le premier à avoir laissé une vraie trace à Malévoz, en développant un véritable projet (ndlr: la Table de manifestation).»
Comme une page qui se tourne, le livre créé et illustré par David Snug, ainsi que les photographies et analyses de Marie Escorne viennent clore ces dix premières années d’existence.
Ce carnet sera présenté au public ce jeudi à la librairie montheysanne À l’Ombre des Jeunes Filles en fleurs (17h-18h30) en présence de David Snug. Artiste pluridisciplinaire, il dévoilera également une autre de ses facettes. Sous le pseudonyme Trotski Nautique, il proposera une courte performance musicale.

malevozculturel.ch

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