
L’annonce de la nouvelle commune fusionnée, qui avait menacé de quitter l’association en raison de son passage à une classe de population supérieure, et donc à une facture plus élevée, a très mal passé auprès des conseillers montreusiens. «Une politique qui a payé», lançait mercredi dernier le socialiste Nicolas Büchler.
Après ce coup de pression de la part de Blonay-Saint-Légier, des négociations longues et compliquées ont en effet été menées par les représentants des Communes pour arriver à une clé de répartition qui lisse les effets de ces paliers.
Demi-million de francs supplémentaire
Un consensus a finalement été trouvé. S’il a soulevé des critiques, le système, qui passe par une révision des statuts de l’ASR, était soutenu par une majorité de la commission d’examen du projet. Mais pour le groupe socialiste, c’en était trop: pour Montreux, cela représente une augmentation de 450’000 francs de charges supplémentaires, soit près d’un demi-million de francs «dans un cadre budgétaire déjà serré».
Le PS montreusien a appelé à refuser la modification et à lancer les discussions en faveur d’un «nouveau statut», à la fois au niveau financier, mais aussi de «la gouvernance» des Communes. Face à cette opposition en bloc, à droite, certains ont tempéré. Tal Luder (UDC) a invité à faire confiance aux représentants de la Commune, qui ont mené plus de 60 heures de négociations, et à ne pas «jeter le bébé avec l’eau du bain». «C’est le meilleur consensus trouvé, la solution la moins mauvaise», a renchéri Yanick Hess (PLR).
«Il s’agit avant tout d’offrir le meilleur cadre de sécurité à nos citoyens», a aussi rappelé le Libéral-Radical Olivier Mark, en soulignant que ce compromis avait été négocié «de manière sérieuse». Une position qui n’a pas infléchi la fronde socialiste. «Ce n’est pas la solidarité qui a gagné, mais la menace et une certaine forme de chantage, a asséné Nicolas Büchler. Quand il y a une Commune qui se voit avantagée et qui rit, c’est un mauvais consensus!»
Pour la sérénité des institutions
De son côté, le municipal Jean-Baptiste Piemontesi a joué les arbitres. «Cette correction budgétaire intervient alors qu’entre 2020 et 2024, Montreux avait bénéficié d’une réduction», a-t-il relativisé. La solution avait par ailleurs déjà été discutée avant que Blonay-Saint-Légier ne mette la pression. Même si elle laisse «une certaine amertume» à Montreux, «il en va aussi de la pérennité et de la sérénité des institutions», a poursuivi l’édile.
Pour Jean-Baptiste Piemontesi, il reste d’ailleurs intéressant de voir l’évolution du système et s’il se justifie d’ici à trois ans, tout en gardant la possibilité de le corriger. Au vote, l’argument de l’intercommunalité a certainement convaincu, puisque cette révision a finalement été acceptée par 34 voix pour, 28 contre et 10 abstentions. Mais la controverse n’est certainement pas terminée, la révision devant être approuvée par les autres Législatifs des Communes de l’ASR.
