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Après «Rouge», Claude Robert revient dans les bacs avec «Le Tableau». Max est un peintre connu. Il est retrouvé au premier jour de l’année mort dans son atelier, poignardé, les mains sectionnées. Son sang a été utilisé pour peindre une goule sur un tableau face à son cadavre. Son chien Miro a survécu à la lame.
L’inspecteur Costa, flanqué d’une équipe de policiers attachants, mène l’enquête. Rapidement, deux pistes se dessinent: celle menant à la famille de Max et celle d’un réseau pédophile. Il s’avère que le peintre est une personne méprisable, qui a causé la désolation sur son sinueux parcours de vie, peut-être lui-même abusé durant l’enfance.
Recherches et interrogatoires se déroulent durant une semaine, sans vraiment d’unité de lieu. L’intrigue court en Suisse avec des personnages aux patronymes romands: Petitpierre, Leyvraz, Marquet. Elle se focalise dans une usine désaffectée, mise à disposition par un propriétaire, qui se croit mécène en octroyant de bas loyers à des artistes. L’action pourrait se passer à Aigle, Montreux ou Lausanne.
Outre Max, de jeunes sculpteurs, peintres, créateurs de bijoux engendrent diverses œuvres. Certains ont un lien plus ou moins direct avec l’artiste assassiné, bientôt rejoint par une autre victime, mutilée, faisant face aussi à une goule peinte de son sang. La série va se poursuivre… Le tableau, c’est celui aussi dressé par Anna la policière pour permettre à ses collègues de dénouer les liens pouvant relier ou pas les protagonistes.
Claude Robert fouille aux tréfonds des âmes tourmentées de ses personnages. Originaire de la région, résidente de Saint-Légier, l’écrivaine est infirmière psychiatrique de profession. Elle a travaillé à Nant et Cery. Elle s’est ensuite formée à l’art-thérapie et a suivi une formation pour accompagner les victimes d’abus sexuels. Elle est donc au cœur de son histoire avec ses connaissances, son expérience, son appétence pour l’art.
Ses personnages ne sont ni totalement blancs, ni entièrement noirs. Tous traînent des casseroles, plus ou moins lourdes. L’intrigue est bien menée. Le suspense est là et «Le Tableau» se lit facilement. Beaucoup de lecteurs se retrouveront dans le passé de certains acteurs du drame: paternité à venir, émois d’Anna pour un bel artiste, l’histoire d’amour naissante entre Costa et Miro, le chien de Max. C’est l’enquêteur à quatre pattes qui finalement apporte le plus… d’humanité à ce roman.
Plus d’infos:
www.editionsfavre.com/livres/le-tableau/
«Le Tableau», Claude Robert.
Ed. Favre. 226 pages, 24 frs.
